Brexit: "dernière chance" pour Londres pour présenter ses objectifs dans la négociation

Brexit:
Le président du Conseil européen Donald Tusk donne une conférence de presse à Bruxelles, où les dirigeants de l'UE se sont retrouvés le 29 juin 2018 sans la Première ministre britannique Theresa MayBen STANSALL

Le président du Conseil européen Donald Tusk a lancé un "dernier appel" pour que Londres dévoile ses objectifs dans les négociations sur le Brexit, alors que l'UE, inquiète du peu de temps restant avant la date prévue du Brexit, se prépare à tous les scénarios.

Les dirigeants de l'UE se sont retrouvés vendredi matin à Bruxelles, sans la Première ministre britannique Theresa May, et ont partagé leurs inquiétudes sur le manque de progrès dans les négociations sur l'accord de retrait que les négociateurs voudraient pourtant finaliser d'ici fin octobre.

"Il reste encore une grosse part de travail devant nous et les tâches les plus difficiles sont toujours sans solution", a constaté M. Tusk lors d'une conférence de presse.

"C'est le dernier appel pour déposer son jeu sur la table", a-t-il ajouté à l'adresse des Britanniques.

"Nous voulons un accord et nous travaillons sur un accord, mais le temps presse", a pour sa part insisté le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, Michel Barnier, à son arrivée à la réunion.

Les 27 ont appelé les Etats membres, les institutions de l'UE et "toutes les parties prenantes" à "intensifier leurs travaux" et se préparer "à tous les résultats", selon le texte de conclusions approuvé dans la matinée.

L'UE et le Royaume-Uni espèrent s'entendre sur un accord de retrait et les conditions générales de leur future relation en matière commerciale et de sécurité d'ici le mois d'octobre, soit quelques mois avant la date effective du Brexit programmé en mars 2019 afin de laisser le temps aux divers parlements de le ratifier.

Les dirigeants européens se disent "préoccupés par le fait qu'aucun progrès substantiel n'a encore été réalisé" dans le dossier de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du nord, alors que Bruxelles et Londres tentent de trouver une solution satisfaisante pour empêcher le retour d'une délimitation physique. En dépit de "progrès" constatés, "des divergences sérieuses persistent", a souligné Michel Barnier.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a estimé que "tous les efforts du Royaume-Uni devraient se concentrer sur la recherche d'une solution" dans le dossier irlandais, "parce que cela retarde tellement d'autres sujets".

Son homologue irlandais, qui s'est entretenu en tête à tête avec Mme May, a tancé les Britanniques, estimant qu'ils devaient être prêts à faire des compromis.

Michel Barnier espère par ailleurs que le "livre blanc" que doit publier Londres en juillet sur ses attentes quant à la future relation avec l'UE contiendra "des propositions réalistes".

A son arrivée à Bruxelles, Mme May avait pris acte des "très bonnes avancées" accomplies jusque-là dans les négociations du Brexit. Mais elle avait reconnu la nécessité d'aller plus vite.

"Je pense que les deux côtés sont prêts à continuer à travailler à un rythme plus rapide que jusqu'à présent, et nous nous en félicitons", avait déclaré la Britannique.

Vos commentaires