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Brexit: le gouvernement relativise sa défaite au parlement

Brexit: le gouvernement relativise sa défaite au parlement
La Première ministre Theresa May, le 14 février 2019 à LondresTolga AKMEN
BREXIT

Le gouvernement britannique a réduit vendredi à un "accident de parcours" la défaite essuyée la veille au Parlement sur le Brexit, même si elle fragilise sa tentative d'obtenir de Bruxelles une modification de l'accord de divorce très décrié au Royaume-Uni.

"Hier soir, c'était davantage un accident de parcours que le désastre dont il est fait état" dans la presse, a assuré la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, sur BBC Radio 4.

A six semaines de la date prévue pour la sortie de l'UE, le 29 mars, les députés ont rejeté, par 303 voix contre 258, la motion dans laquelle l'exécutif expliquait comment il souhaitait renégocier l'accord de divorce conclu avec l'Union européenne, qui avait été sèchement recalé lors d'un vote mi-janvier au Parlement.

L'exécutif affirmait dans sa motion poursuivre un double objectif: obtenir des "arrangements alternatifs" au "filet de sécurité" ("backstop" en anglais) censé maintenir une frontière ouverte sur l'île d'Irlande après le Brexit, et écarter le scénario d'une sortie sans accord redoutée par les milieux d'affaires comme par une partie des députés.

Mais les europhobes au sein du Parti conservateur au pouvoir ont refusé l'abandon du scénario du "no deal" et se sont abstenus, faisant basculer le vote.

"Le seul problème avec le vote d'hier soir, c'est qu'il permet à l'UE de continuer à prétendre qu'ils ne savent pas ce qu'on veut. Or, ils savent ce qu'on veut", a commenté Andrea Leadsom, mettant en avant la nécessité de résoudre "le problème du backstop".

"Toute cette pagaille est une tempête dans un verre d'eau", a également minimisé Steve Baker, membre du groupe de députés conservateurs eurosceptiques European Research Group (ERG), sur la BBC.

"Nous aimerions conclure un accord", a-t-il ajouté, prévenant cependant que si l'accord de divorce finissait par être approuvé en l'état, avec le soutien de l'opposition travailliste, le gouvernement "s'effondrerait".

Les dirigeants européens, eux, ont vu dans le vote de jeudi une illustration supplémentaire de l'indécision britannique.

Le vote "nous a une fois de plus rappelé que la Chambre des communes ne sait pas exactement ce qu'elle veut", a déclaré à Dublin le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney. "Il ne semble pas y avoir une majorité de députés réclamant une solution spécifique".

Theresa May tente d'obtenir de l'UE des modifications de l'accord de retrait, principalement sur le "backstop". Mais Bruxelles se montre inflexible et disait mercredi encore attendre de Londres "des propositions concrètes et réalistes pour sortir de l'impasse".

Mme May se rendra à Bruxelles "dans les prochains jours", selon Andrea Leadsom, après s'être entretenue cette semaine avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

Le ministre du Brexit, Stephen Barclay, rencontrera lundi le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, qui s'entretiendra mardi avec le chef de l'opposition britannique, le travailliste Jeremy Corbyn.

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