En ce moment
 

Bucarest interpelle l'UE sur une supposée "ingérence" dans sa justice

(Belga) Le gouvernement social-démocrate roumain a interpellé mercredi Bruxelles sur ses supposées "ingérences dans le fonctionnement de la justice" roumaine, sur fond de durcissement du ton de Bucarest envers les institutions européennes.

Dans une lettre à l'attention du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker, la Première ministre Viorica Dancila demande des précisions sur un document publié cette semaine par une chaîne de télévision proche du parti social-démocrate (PSD). Dans cette note supposée dater d'octobre 2012, l'exécutif européen aurait demandé à la ministre de la Justice de l'époque de le renseigner sur plusieurs dossiers de haute corruption visant des responsables politiques, dont l'ex-Premier ministre Adrian Nastase ou le sulfureux ancien élu et magnat des médias, Dan Voiculescu. La cheffe de gouvernement juge "essentiel" pour les relations entre Bucarest et Bruxelles "d'éclaircir si le document attribué à la Commission européenne est authentique" et "assumé", car il a, à ses yeux, "une nature d'ingérence dans le fonctionnement de la justice et de la séparation des pouvoirs". Mme Dancila dit avoir été informée par l'actuel ministre de la Justice que ce type de "demandes impératives" représentait une "pratique répétée" de la part de la Commission. Dans sa lettre, la cheffe du gouvernement, ancienne eurodéputée, demande aussi la levée du mécanisme européen de surveillance auquel le pays est soumis en matière judiciaire depuis son entrée dans l'UE en 2007. Début mars, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a exhorté Bucarest à ne pas aller "dans la mauvaise direction" avec sa réforme de la justice, alors que plusieurs lois votées par la majorité de gauche inquiètent Bruxelles. Les procureurs roumains ont poursuivi ces dernières années des centaines d'élus locaux et nationaux, s'attirant en retour l'inimitié d'une partie de la classe politique et des accusations d'abus de pouvoir. Le gouvernement social-démocrate de ce pays traditionnellement europhile a haussé le ton, ces derniers mois, contre les instances européennes, laissant craindre à une partie de l'opposition une confrontation sur les questions d'Etat de droit, comme en Pologne ou en Hongrie. (Belga)

Vos commentaires