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Catalogne: Puigdemont, de la destitution à l'abandon

Catalogne: Puigdemont, de la destitution à l'abandon
L'indépendantiste catalan Carles Puigdemont à Copenhagen, le 22 janvier 2018Jonathan NACKSTRAND

De la destitution et la fuite en Belgique de Carles Puigdemont fin octobre, à l'abandon jeudi de sa candidature à la présidence de la Catalogne, les temps forts de la crise catalane.

- Indépendance et destitution -

Le 27 octobre, le parlement catalan proclame unilatéralement l'indépendance, votée par 70 députés sur 135.

La riposte annoncée de Madrid arrive sans tarder: mise sous tutelle de la Catalogne, destitution du gouvernement de Carles Puigdemont, dissolution du parlement et convocation d'élections régionales le 21 décembre.

Le 29, des centaines de milliers de personnes manifestent à Barcelone pour l'unité de l'Espagne, criant "Puigdemont en prison".

- Puigdemont en Belgique -

Le 30 octobre, Carles Puigdemont se réfugie à Bruxelles, avec quatre membres de son gouvernement destitué, après avoir quitté secrètement la Catalogne.

Le 2 novembre, son ancien vice-président, Oriol Junqueras, et sept autres "ministres" indépendantistes sont emprisonnés pour "rébellion et sédition".

Le lendemain, l'Espagne émet des mandats d'arrêt européens contre Carles Puigdemont et les quatre anciens ministres qui l'ont suivi en Belgique, puis les retire le 5 décembre.

Mais s'ils reviennent en Espagne, les cinq hommes, inculpés de rébellion et sédition, risquent d'être arrêtés. M. Puigdemont lance depuis la Belgique sa campagne pour les régionales.

- Les indépendantistes victorieux -

Le 21 décembre, les Catalans votent en masse et donnent une majorité aux indépendantistes au parlement régional, au terme d'un scrutin atypique, avec trois parlementaires en détention pour leur rôle dans la tentative de sécession et cinq autres, dont Puigdemont, en exil.

- L'exil ou la prison -

Le 29 décembre, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy annonce qu'il convoque la première session du nouveau Parlement le 17 janvier. Le premier tour de scrutin pour élire le président de la région devra suivre dans les dix jours, rappelle-t-il, jugeant "absurde" que Carles Puigdemont gouverne la Catalogne depuis l'étranger comme le suggère son parti.

Le lendemain, Puigdemont exige une négociation politique et la restauration par Madrid de son gouvernement.

Le 5 janvier 2018, la Cour suprême s'oppose à la libération de son ancien numéro deux Oriol Junqueras.

- Puigdemont candidat malgré tout -

La Catalogne restera sous la tutelle de Madrid si Puigdemont tente de la gouverner de Bruxelles, prévient Rajoy. Le futur président de la Catalogne devra "prendre ses fonctions" "physiquement" affirme-t-il mi-janvier.

Le 17, l'indépendantiste Roger Torrent est élu à la présidence du parlement catalan et entame les consultations pour proposer un candidat à la présidence régionale.

Le 22, Carles Puigdemont est officiellement désigné par le Parlement candidat à la présidence de la région.

Le ministre de l'Intérieur assure le lendemain que les forces de l'ordre sont sur le qui-vive "partout" pour empêcher un retour de Puigdemont incognito "en hélicoptère, ULM ou bateau" voire "dans le coffre d'une voiture".

Le dirigeant indépendantiste dit souhaiter pouvoir rentrer en Espagne pour son investiture sans risquer une incarcération.

- Réélection bloquée -

Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle suspend la réélection prévue trois jours plus tard de Puigdemont comme président de la Catalogne, estimant qu'une investiture à distance n'est pas légale. Elle pose la condition qu'il se présente "en personne au parlement, muni d'une autorisation judiciaire préalable".

Le 30, le président du parlement catalan décide d'ajourner la session d'investiture. Puigdemont maintient sa candidature.

Le 13 février le parlement catalan annonce qu'il va saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour que Puigdemont puisse être réinvesti comme président de la région.

- Abandon -

Le 1er mars Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane, assurant qu'il défendra la cause de sa "république" partout, y compris en saisissant le comité des droits de l'homme de l'ONU.

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