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Carnage évité dans le Thalys: les enquêteurs recherchent d'éventuels complices à Anvers et Bruxelles

Les zones d'ombre restent nombreuses sur les motivations d'Ayoub El Khazzani, suspecté d'avoir voulu commettre un véritable carnage à la kalachnikov à bord du Thalys Amsterdam-Paris, vendredi après-midi. Le parquet fédéral belge cherche d'éventuelles complicités à Anvers et Bruxelles.

Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour identifier les éventuels liens que le tireur du Thalys a pu avoir avec des milieux djihadistes sur le sol belge, rapportent lundi plusieurs médias néerlandophones. Les services belges de renseignement ne semblent en effet pas penser que le Marocain Ayoub El Khazzani soit un "loup solitaire". Les enquêteurs tentent donc de comprendre s'il a fait partie d'un réseau en Belgique et si son attaque a été commanditée. Ils pensent également que l'homme a bénéficié d'aide, au moins pour se procurer des armes. L'éventuel lien entre l'attaque et les menaces visant le territoire belge la semaine dernière retient également l'attention des enquêteurs.


Il dit avoir trouvé les armes

Ayoub El Khazzani, fiché pour islamisme et qui a tenté d'ouvrir le feu dans un train Thalys, nie un acte terroriste et évoque une tentative de braquage, version que ne croient ni les enquêteurs ni les jeunes Américains qui l'ont maîtrisé et seront décorés lundi à l'Elysée. Le jeune Marocain de 25 ans assurait toujours dimanche avoir trouvé fortuitement la kalachnikov dont il était armé dans une valise dans un jardin public près de la gare de Bruxelles-midi, où il dort étant SDF, et avoir eu l'idée de s'en servir pour détrousser les passagers du Thalys Amsterdam-Paris, dans lequel il est monté vendredi dans la capitale belge, selon une source proche de l'enquête.


Une version peu convaincante pour les enquêteurs

Il était "médusé du caractère terroriste attribué à son action", a déclaré à divers médias l'avocate qui l'a assisté aux premières heures de sa garde à vue à Arras, avant son transfert dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). La défense d'Ayoub El Khazzani, dont la garde à vue peut durer jusqu'à mardi soir, n'a pas convaincu les enquêteurs. Son profil d'islamiste radical, repéré par les renseignements de plusieurs pays, les oriente en effet vers une attaque terroriste qui aurait pu virer au carnage. Il semble y avoir une part de préparation et deux téléphones portables retrouvés sur lui étaient dimanche en cours d'exploitation.


Neuf chargeurs dans son sac

La version du suspect a également été balayée par les trois jeunes Américains, dont deux soldats en vacances, qui l'ont maîtrisé, acte de bravoure qui en a fait des héros planétaires. "Il avait beaucoup de munitions, ses idées étaient vraiment claires", a jugé Alek Skarlatos, 22 ans, lors d'une conférence de presse à l'ambassade américaine à Paris. "On n'a pas besoin de huit chargeurs pour dévaliser un train," a renchéri son ami Anthony Sadler, 23 ans. Sa kalachnikov "semblait enrayée ou ne fonctionnait pas", a précisé Spencer Stone, 23 ans, blessé au cutter par l'assaillant dans la bagarre. Et El Khazzani "n'avait clairement aucun entraînement au maniement des armes", a relevé Alek Skarlatos, membre de la garde nationale de l'Oregon récemment rentré d'une mission en Afghanistan. Outre le fusil d'assaut, l'agresseur avait 9 chargeurs garnis, un pistolet automatique Luger et un cutter.

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