Cyberattaque mondiale NotPetya: Londres et Washington accusent la Russie

Cyberattaque mondiale NotPetya: Londres et Washington accusent la Russie
Un ordinateur portable infecté par un rançongiciel dans le cadre d'une cyberattaque mondiale, le 27 juin 2017 à Geldrop (Pays-Bas)Rob Engelaar
Russie, INFORMATIQUE

La Maison Blanche a menacé jeudi la Russie de "conséquences internationales" pour avoir mené la cyberattaque NotPetya en juin 2017, une accusation également lancée par Londres mais "catégoriquement" réfutée par le Kremlin.

Cette cyberattaque --qui a affecté plusieurs milliers d'ordinateurs à travers le monde -- "irresponsable et sans discernement va avoir des conséquences sur le plan international" pour Moscou, a indiqué la Maison Blanche, dans un communiqué.

NotPetya "s'est rapidement répandue à travers le monde, provoquant des milliards de dollars de dommages à travers l'Europe, l'Asie et les Amériques", a détaillé la Maison Blanche, assurant que l'attaque NotPetya a été "la plus destructrice et coûteuse de l'histoire".

Selon Washington, cette cyberattaque "faisait partie de l'effort actuel du Kremlin pour déstabiliser l'Ukraine et démontre de manière encore plus claire l'implication de la Russie dans le conflit en cours".

Un peu plus tôt, le Royaume-Uni avait pointé du doigt la responsabilité de Moscou, en particulier son armée, dans la cyberattaque.

"Le gouvernement britannique juge que le gouvernement russe, spécifiquement l'armée russe, était responsable de la cyberattaque destructrice NotPetya de juin 2017", a déclaré Tariq Ahmad, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères.

Constatant que le Kremlin avait positionné la Russie "en opposition directe avec l'Occident", il a appelé le pays à "être le membre responsable de la communauté internationale qu'il prétend être plutôt que d'essayer secrètement de la miner".

Le ministre britannique de la Défense Gavin Williamson a renchéri en estimant que la Russie ne jouait "pas selon les règles en sapant la démocratie, (...) en ciblant des infrastructures clés et en faisant de l'information une arme".

"Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de guerre" avec "un mélange destructeur et meurtrier de puissance militaire conventionnelle et de cyberattaques malveillantes", a-t-il ajouté, cité par l'agence Press Association.

- Objectif de 'perturber' -

Ces accusations ont été vivement contestées par le Kremlin. "Nous démentons catégoriquement de telles déclarations. Nous les jugeons dépourvues de preuves et infondées. Il ne s'agit de rien d'autre que la continuation d'une campagne russophobe", a déclaré son porte-parole, Dmitri Peskov.

Démarrée en Ukraine et en Russie avant de se propager au monde entier, l'attaque au rançongiciel (ransomware) a contaminé des milliers d'ordinateurs.

Elle a notamment perturbé des multinationales et des infrastructures critiques, comme les contrôles sur le site de l'accident nucléaire de Tchernobyl et les ports de Bombay et d'Amsterdam.

Parmi les entreprises touchées figuraient le pétrolier russe Rosneft, le transporteur maritime danois Maersk, le laboratoire pharmaceutique américain Merck, le spécialiste français des matériaux de construction Saint-Gobain ou encore le publicitaire britannique WPP.

En Ukraine, pays le plus touché, en guerre avec des rebelles séparatistes prorusses, les opérations des banques avaient été affectées, comme les écrans d'information du principal aéroport. Les autorités avaient évoqué une attaque sans précédent, surtout destinée à "perturber".

- Russie souvent désignée -

Londres comme Washington ont déjà, à plusieurs reprises, pointé Moscou du doigt.

La Première ministre britannique Theresa May a notamment cité en novembre 2017, outre "l'annexion illégale de la Crimée", des campagnes de "cyber-espionnage" et "l'ingérence lors d'élections".

Aux Etats-Unis, une enquête fédérale tente depuis des mois de faire la lumière sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle et des soupçons de collusion entre l'équipe de campagne du candidat républicain Donald Trump, élu président fin 2016, et la Russie.

Les principaux services de renseignement --CIA, NSA-- et la police fédérale (FBI) ont déjà dénoncé l'ingérence de la Russie pour favoriser la candidature de Donald Trump face à la démocrate Hillary Clinton, via les réseaux sociaux et le piratage d'informations provenant du camp démocrate.

Cette semaine, le chef du renseignement Dan Coats a prévenu que la Russie tenterait de nouveau, avec les mêmes méthodes, d'influencer les élections parlementaires américaines de novembre.

Les autorités britanniques soupçonnent aussi Moscou d'avoir essayé d'influencer le référendum sur le Brexit en juin 2016 et les élections législatives un an plus tard.

Elles ont aussi accusé en octobre la Corée du Nord d'être à l'origine de l'attaque mondiale "Wannacry" survenue en mai, qui a notamment mis à mal le service public de santé britannique (NHS).

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