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Cyclisme: l'ancien champion italien Felice Gimondi est décédé

Cyclisme: l'ancien champion italien Felice Gimondi est décédé
Felice Gimondi lors du Paris-Roubaix 1969.STF
sport

L'ancien champion italien Felice Gimondi, vainqueur du Tour de France 1965, est décédé vendredi à l'âge de 76 ans d'une crise cardiaque alors qu'il se baignait près de Taormine, en Sicile.

"Un grand champion qui a rendu notre sport plus humain nous quitte, une grand homme", a salué la fédération italienne de cyclisme.

Le Bergamasque, l'un des sept coureurs de l'histoire du cyclisme à avoir gagné les trois grands tours (Giro, Tour de France, Vuelta), a incarné durant près de cinq décennies le cyclisme italien, champion de classe devenu un responsable écouté et influent.

Vainqueur du Tour de France dès sa première année dans le peloton professionnel en 1965, un an après s'être révélé en gagnant le Tour de l'Avenir, Gimondi parvint à se construire un palmarès d'exception malgré la concurrence du champion de référence, le Belge Eddy Merckx, son éternel adversaire.

Le Tour d'Italie (par trois fois) et le Tour d'Espagne s'ajoutèrent au Tour de France -il est l'un des sept coureurs de l'histoire à avoir réalisé cet exploit- sur les lignes d'un palmarès riche aussi de "monuments", Milan-Sanremo, Paris-Roubaix et le Tour de Lombardie entre autres grandes classiques.

Le Tour ? Il le gagna en tant que remplaçant... titularisé par Luciano Pezzi après le forfait d'un coéquipier souffrant d'un genou.

Pour le courir, Felice dut obtenir le feu vert de sa mère Angela, une postière de Sedrina où il était né le 29 septembre 1942 ("C'est elle qui m'a appris à faire du vélo", disait-il), et de son père dirigeant une petite entreprise de transports. Trois semaines (et trois succès d'étape) plus tard, il condamnait Raymond Poulidor à une nouvelle deuxième place, à 2 min 40 sec au classement final.

- Merckx: "je suis détruit" -

Son sommet ? Gimondi l'atteignit peut-être au Championnat du monde 1973 sur le circuit catalan de Montjuic.

Ce jour-là (2 septembre), l'élégant capitaine de la Squadra réglait au sprint un trio somptueux, dans l'ordre le Belge Freddy Maertens, l'Espagnol Luis Ocana et l'inévitable Merckx, celui-là même qui l'avait devancé deux ans plus tôt pour le maillot arc-en-ciel sur le circuit de Mendrisio (Suisse).

"Nous avons rivalisé pendant des années sur les routes", a déclaré Merckx à l'agence italienne Ansa. "Mais nous sommes devenus amis à la fin de notre carrière. Je l'avais entendu il y a deux semaines, comme cela se produisait de temps en temps. Que puis-je dire, je suis détruit".

"Il était parmi les plus grands de tous les temps", a ajouté le champion belge. "Une icône et un gentleman", a renchéri le Britannique Bradley Wiggins, le vainqueur du Tour 2012.

"Le Tour de France salue avec émotion l'un de ses plus grands champions", a tweeté la Grande Boucle à propos de l'un de ses plus anciens lauréats, réputé aussi pour son élégance.

Coureur complet, opiniâtre et intelligent, le Bergamasque excella dans la dimension stratégique du cyclisme et ses jeux d'alliance sous les différents maillots de marque qu'il endossa (Salvarani, Bianchi).

Au crépuscule de sa carrière, il parvint à gagner une troisième fois le Giro en 1976, neuf ans après son premier succès. Entre-temps, Merckx, sur lequel il buta si souvent, s'était imposé à cinq reprises dans la course-symbole du cyclisme italien.

- Ambassadeur très respecté -

Le vélo raccroché à la fin de la saison 1978, celui qui avait porté deux années durant le maillot de champion d'Italie ouvrit une compagnie d'assurances mais continua à oeuvrer dans le cyclisme.

Ambassadeur très respecté de la Bianchi, cet homme au vrai charisme conseilla même un temps Marco Pantani, le premier Italien vainqueur du Tour après lui en 1998.

Quand on l'interrogeait, Gimondi, d'une courtoisie sans faille, insistait sur les sacrifices qui font l'austère beauté du métier de coureur cycliste, un sacerdoce pour cet homme aux allures de prélat.

"Je n'ai pas eu de don éclatant, disait-il. Mais avec le travail, en faisant mon métier correctement, avec volonté et application, j'ai réussi. Pourtant, dans les catégories inférieures, je n'étais pas très rapide et j'avais du mal à gicler. Même pro, j'avais un problème dans les changements de rythme. Mon battement de coeur était trop lent."

Ce qui n'empêcha pas ce champion authentique de gagner un total de 135 courses et de continuer à résider près de Bergame, la ville d'art de l'opulente Lombardie, où il habitait dans un château du XIXe siècle.

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