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Grèce: Mitsotakis bat la campagne: "la priorité est de relancer l'économie"

Grèce

A Almyros, petit village de Grèce rurale où il a fait son service militaire, Kyriakos Mitsotakis, le chef de file des conservateurs grecs, bat la campagne avant les législatives de dimanche: "Pour la Grèce comme pour l'Europe, la priorité numéro 1 est de relancer l'économie", martèle-t-il dans un entretien à l'AFP.

Principal rival du Premier ministre sortant Alexis Tsipras, le leader du parti Nouvelle Démocratie caracole largement en tête dans les sondages avant le scrutin anticipé. Après une défaite d'une ampleur inattendue aux élections européennes et locales, le chef de gouvernement de gauche a convoqué le scrutin trois mois avant la fin de son mandat.

Héritier d'une dynastie politique - son père Konstantinos Mitsotakis a été Premier ministre et sa soeur Dora Bakoyannis ministre des Affaires étrangères et maire d'Athènes -, le candidat conservateur a souvent été accusé d'être privilégié: "J'ai dû faire face à de nombreuses critiques mais si j'avais été élitiste, je n'aurais pas remporté, avec près de 10 points d'écart, les élections européennes".

"D'ailleurs, où que j’aille, tout le monde m’appelle Kyriakos par mon prénom, cela montre qu’ils me reconnaissent pour ce que je suis, et non parce que je suis le descendant d’une dynastie politique", soutient-il en souriant.

"Je suis très fier de mon héritage mais en même temps, j'ai beaucoup changé Nouvelle Démocratie, ce n'est pas le même parti qu'il y a quatre ans", explique-t-il.

Pour lui, "la Grèce doit retrouver une croissance ambitieuse grâce aux investissements privés, aux exportations et à l’innovation". Il propose pour cela de "baisser les impôts pour les entreprises, de débloquer des investissements emblématiques qui ont été stoppés à cause de la bureaucratie, restaurer la liquidité en réduisant les taux d’intérêt et attirer des investissements étrangers".

- "Desserrer doucement l'étau" -

S'il est élu, le leader de droite se sent prêt à affronter ses partenaires européens lors d'un prochain Eurogroupe prévu le 8 juillet, au lendemain du scrutin.

"Je pense que si nous présentons aux Européens un paquet cohérent de réformes, ils seront ouverts à une discussion qui va mener progressivement à baisser les objectifs d’excédents budgétaires demandés à la Grèce qui, de l’avis de tous, sont trop élevés", assure le quinquagénaire.

Le dernier plan d'aide internationale à la Grèce, qui a pris fin en août 2018, prévoyait un excédent primaire de 3,5% pour 2018 et jusqu'en 2022.

"Si l'économie grecque continue à une croissance de 1 à 2%, la dette ne sera pas soutenable, mais si la croissance grecque se situe entre 3 et 5% alors un jour, notre dette sera beaucoup plus soutenable", ajoute-t-il.

"Les marchés ont réagi très positivement à la perspective d’une victoire de Nouvelle Démocratie aux prochaines élections, et cela doit rendre nos partenaires européens plus confiants en l’idée que desserrer doucement l’étau de la stabilité fiscale est nécessaire", soutient Kyriakos Mitsotakis.

A Almyros, bourgade proche de Volos (centre), où le chômage reste un fléau, le message du leader conservateur semble bien reçu chez ses sympathisants. Eleni, 24 ans, est sans emploi depuis un an: "Je pense que Kyriakos Mitsotakis va permettre de créer de nouveaux emplois et d'attirer plus d'investissements étrangers", dit-elle. "Notre région en a besoin, tous les jeunes sont partis à l'étranger!"

"Nous laissons la crise derrière nous et nous avançons", a lancé le candidat mardi à une foule enthousiaste. Se frayant un chemin entre les terrasses de café bondées, il serre des mains, accoste les commerçants, les policiers et militaires ou se fait photographier.

"Ne donnons pas nos voix à des petits partis. (...) Il faut que le pays ait un gouvernement stable et seule la ND peut apporter de la stabilité", insiste le candidat conservateur, qui devance Alexis Tsipras de près de 10 points dans les sondages.

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