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De Moscou à Deauville, les étoiles du Bolchoï perpétuent la tradition des ballets russes

De Moscou à Deauville, les étoiles du Bolchoï perpétuent la tradition des ballets russes
Les meilleurs danseurs russes des troupes du Bolchoï, des théâtres du Stanislavski de Moscou et du Mariinski de Saint-Pétersbourg se produiront cet été lors d'un festival à DeauvilleCARL DE SOUZA

"En français je ne sais dire que plié, jeté, pas de bourrée...", s'excuse Artem Ovtcharenko. Cela ne devrait pas empêcher le danseur étoile russe d'illuminer la côte normande cet été en France lors d'un festival intimiste à Deauville.

Le festival de l'art russe - qui tient cette année sa deuxième édition - est de bout en bout l’œuvre presque artisanale de fous du ballet. Il est financé par une riche mécène moscovite qui tient à garder l'anonymat et se passe de tout soutien public.

Du 22 au 24 août, il rassemblera parmi les meilleurs danseurs de Russie, issus des troupes du Bolchoï et des théâtres du Stanislavski de Moscou ainsi que du Mariinski de Saint-Pétersbourg.

Le premier rôle revient à l'étoile du ballet du Bolchoï Artem Ovtcharenko, qui a récemment interprété Rudolf Noureev dans un ballet consacré au célèbre danseur étoile soviétique passé à l'Ouest, et mis en scène par Kirill Serebrennikov. Il a également incarné le mythique danseur dans le documentaire que lui a consacré la BBC, "Dance to freedom".

Il se produira avec sa femme Anna Tikhomirova, première soliste du même théâtre, avec laquelle il forme un couple glamour et médiatique.

- Crème du ballet russe -

Les danseurs insistent sur l'importance symbolique du petit théâtre à l'italienne du casino de Deauville, où il se produiront.

Lors de l'ouverture du théâtre en 1912, les célèbres "Ballets russe" de l'impresario Serge de Diaghilev s'y produisent pendant deux semaines, une des premières représentations hors de la capitale française, attirant l'aristocratie russe à Deauville.

Le virtuose Vaslav Nijinski, étoile de la troupe et un des plus grands danseurs de son époque, s'y était alors produit dans "Le spectre de la rose" et avait fait un triomphe.

Après avoir rendu hommage aux Ballets russes lors de sa première édition l'année dernière, le festival de Deauville met en avant cette année les grands compositeurs russes du 20e siècle : Tchaïkovski, Borodine, Stravinsky, Rachmaninov.

La direction chorégraphique est assurée par Sergueï Filine, ancien directeur artistique du Bolchoï désormais chargé des jeunes talents.

"Je n'ai pas repoussé mes limites pour surprendee le public avec des choses techniques", affirme Artem Ovtcharenko, disant vouloir plutôt axer son spectacle sur "certaines valeurs importantes, la famille, l'amitié, l'attention".

La créatrice du festival, Veronika Bogatireva, a voulu créer un festival intimiste: "On propose d'approcher le monde de la danse classique au plus près", raconte-t-elle lors d'une répétition du couple Ovtcharenko-Tikhomirova sous le regard de Sergueï Filine.

"On met vraiment l'accent sur la vie des danseurs. Pour nous c'est comme des vacances en famille, nous louons une maison sur la plage où nous vivons tous ensemble, M. Filine, sa famille, la douzaine de danseurs...", raconte la productrice.

-Dans l'intimité des danseurs-

Pour les spectateurs inconditionnels du ballet, quelques chambres sont à louer dans la maison: des familles russes aisées en profitent afin que leurs enfants rêvant de devenir danseurs puissent approcher les plus grands.

"Nous avons préparé un programme spécialement conçu pour cette scène à Deauville. Nous voulons montrer et dire qu'aujourd'hui l'art du ballet est vivant. Il vit et respire profondément et continue à bouger, à se développer", affirme Sergueï Filine, le regard masqué par les lunettes de soleil qu'il porte en toutes circonstances depuis une attaque à l'acide commanditée en 2013 par un danseur du Bolchoï.

"Nous voulons montrer au public comment les artistes vivent aujourd'hui, à quoi ils pensent, ce qui fait battre leur coeur, leur préparation physique, à quel point ils sont intéressants, en tant qu'acteurs", explique M. Filine.

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