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Décès d'un ancien SS impliqué dans un massacre en France: il ne regrettait rien

Décès d'un ancien SS impliqué dans un massacre en France: il ne regrettait rien
©ARD - Panorama

Un ancien SS de 96 ans, menacé de comparaître prochainement pour avoir cautionné un massacre en France en 1944 et tenu des propos négationnistes sur l'Holocauste, vient de décéder, a indiqué dimanche le parquet chargé des poursuites. "Je peux confirmer qu'il est décédé", a déclaré à propos de Karl Münter la porte-parole du parquet de Hildesheim, en Basse-Saxe (nord), Christina Pannek. Elle a évoqué une mort naturelle. "La procédure engagée contre lui est du coup éteinte", a-t-elle ajouté.

Pourquoi devrais-je regretter?

Cet ancien SS, impliqué dans le massacre d'Ascq dans le nord de la France en 1944, venait tout juste en juillet d'être mis en accusation par le parquet en vue d'un procès pour incitation à la haine raciale et atteinte à la mémoire des morts. Karl Münter était poursuivi pour des propos fin 2018 à la chaîne de télévision publique ARD. Il y avait notamment assuré que le chiffre de 6 millions de juifs assassinés par les nazis était exagéré. "J'ai lu récemment quelque part que ce chiffre était faux, je n'y crois plus à tout cela", affirmait-il. L'ancien SS avait aussi cautionné le massacre de 86 victimes civiles d'Ascq. Interrogé par ARD pour savoir s'il regrettait ces évènements, l'intéressé, affirmant n'avoir pas directement participé à la tuerie mais avoir surveillé les personnes arrêtées, avait répondu: "Non pas du tout! Pourquoi devrais-je regretter? ". "Si j'arrête des gens, je suis responsable d'eux. Et s'ils tentent de fuir j'ai le droit de tirer sur eux", avait-il ajouté. Ces propos avait suscité l'indignation en France notamment.

L'idéologie nazi jusqu'au bout

Le massacre avait été commis dans la nuit du 1er au 2 avril 1944 en représailles au déraillement d'un train transportant environ 350 SS. Le procès qui devait se tenir en Allemagne, sous réserve de l'état de santé de l'accusé, était une revanche pour les descendants des victimes. Car la justice allemande avait en mars 2018 abandonné des poursuites pour son rôle direct en 1944, arguant du fait que l'intéressé avait déjà été condamné par un tribunal militaire en France en 1949 et qu'il ne pouvait être jugé une seconde fois. Karl Münter n'a en Allemagne jamais vu cette peine exécutée et a pu poursuivre sa vie comme employé de poste. Jusqu'au bout il a gardé des sympathies avec l'idéologie nazie. Selon ARD, il a participé en novembre 2018 à une réunion du parti néonazi allemand NPD en Thuringe, pour y parler en tant que "témoin de l'époque" et signer des photos de lui. Il était considéré comme un "héros" au sein de cette mouvance, selon la chaîne allemande.

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