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Décès de "Coco Schumann", guitariste survivant des camps nazis

Décès de
Le guitariste allemand "Coco Schumann", survivant des camps nazis, photographié à Hambourg le 2 septembre 2012Daniel Bockwoldt
histoire

Survivant des camps nazis où il fut contraint de se produire, avant de faire une carrière de guitariste de jazz et de divertissement, le musicien allemand "Coco Schumann" vient de décéder à 93 ans.

De son vrai nom Heinz Jakob Schumann, l'artiste s'est éteint à Berlin dimanche après une existence digne d'un roman, a annoncé lundi sa maison de disques, Trikont.

Il s'était distingué musicalement pour avoir été l'un des premiers à introduire la guitare électrique en Allemagne après la Deuxième guerre mondiale, ainsi que pour une multitude de concerts avec son "Quartet Coco Schumann". Mais c'est surtout pour son parcours et son histoire personnelle dramatique qu'il était connu dans son pays et au-delà.

Fils d'un Allemand chrétien converti au judaïsme et d'une mère allemande juive, il fut arrêté sur dénonciation en 1943 et envoyé dans le camp de concentration de Théresienstadt, dans les Sudètes annexés par le IIIème Reich, pour y jouer pour les SS. Son groupe portait alors le nom des "Ghetto Swingers".

En septembre 1944, il fut interné cette fois dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Avec les autres musiciens, il devait se produire à l'arrivée des nouveaux déportés, pour les kapos ou lors du départ des détenus du camp au travail.

"Quand je jouais, j'oubliais tout. J'oubliais l'étoile jaune cousue sur ma poitrine, les murs du ghetto, la faim", a-t-il raconté il y a une dizaine d'années au quotidien français Le Monde.

Libéré par les troupes américaines, survivant de justesse à la maladie, il décide d'abord de rester en Allemagne, où il commence sa carrière de musicien de jazz et de swing, avant de l'orienter vers le divertissement.

En 1950, il s'exile avec sa famille en Australie mais, faute de succès sur place, il doit revenir quatre ans plus tard.

Pendant longtemps, il a à dessein peu parlé de la déportation. "De toute façon, personne n'aurait compris. J'étais un peu gêné d'avoir survécu. Et puis, je voulais être reconnu comme musicien, pas comme rescapé d'Auschwitz", a-t-il dit au Monde.

Ulcéré par les négationnistes, il finira par publier un livre de souvenirs en 1997, "Le Ghetto Swinger", qui sera mis en scène dans un musical très remarqué en Allemagne à Hambourg en 2012.

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