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Des associations d'aide aux migrants réclament un meilleur accès à l'eau à Calais

Des associations d'aide aux migrants réclament un meilleur accès à l'eau à Calais
Un migrant marche devant les tentes à Calais le 7 juillet 2018DENIS CHARLET

Des associations d'aide aux migrants ont réclamé mardi devant le tribunal administratif de Lille un meilleur accès aux points d'eau à Calais, une demande rejetée par la préfecture qui a estimé que le dispositif était "largement dimensionné".

Vendredi, dix associations actives à Calais, dont Le secours catholique, Salam ou l'Auberge des migrants, avaient déposé une requête devant le juge des référés (procédure d'urgence).

Principal motif de leur requête: le mauvais accès aux points d'eau des exilés, estimés selon elles à entre 400 et 800 (entre 350 et 420 d'après la préfecture du Pas-de-Calais).

"Il y a un problème d'accès à l'eau pour les migrants, c'est constaté depuis des mois", a estimé Me Julie Gommeaux, avocate des associations, malgré une ordonnance de juin 2017 qui avait déjà conduit l'Etat à mettre en place de mesures pour venir en aide aux migrants, comme la création de points d'eau et de sanitaires.

Le Conseil d’État avait validé ces mesures, contestées par le gouvernement, un mois plus tard.

"Selon l'Onu, il faut des points d'eau à moins de 100 m des lieux de vie pour pouvoir s'en servir tous les jours". Or, ils sont plutôt à "entre 200 m et un kilomètre des lieux de vie", a-t-elle argué.

La préfecture, par la voix d'Alain Bessaha, directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, a contesté ces chiffres.

"La distance maximale entre les lieux de vie, qui sont trois à Calais, et les points d'eau est de 500 m, soit 10 minutes de marche à pied. Nous ne considérons pas que, même quand on est un exilé à Calais, marcher dix minutes pour avoir accès à des services fondamentaux (eau, distribution des repas, accès au soin..) soit excessif", a-t-il dit.

Sur la question de l'eau, M. Bessaha a ainsi jugé que le dispositif d'aide aux migrants était "largement dimensionné" alors que les autorités veulent éviter toute "formation d'un nouveau bidonville", en référence à l'ancienne "Jungle".

"En matière d'accès à l'eau nous pourrions couvrir plus de 1.300 personnes. A Calais, il y a 50 robinets d'eau potable, 28 douches à disposition des migrants, 48 latrines… On ne peut pas dire qu'on soit sous dimensionné !", a-t-il affirmé.

La décision du juge des référés a été mise en délibéré et devrait être connue d'ici la fin de la semaine prochaine.

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