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Dopage: le fondeur Johannes Dürr relâché mais visé par de lourdes accusations

Dopage: le fondeur Johannes Dürr relâché mais visé par de lourdes accusations
L'ancien skieur de fond autrichien Johannes Dürr lors de la 7e étape du Tour de Ski, à Dobbiaco en Italie, le 5 janvier 2014GIUSEPPE CACACE
sport

Le skieur de fond Johannes Dürr, dont les révélations ont conduit à une vague d'arrestations dans le monde du ski nordique et du cyclisme, a été relâché après avoir été interpellé mardi mais est soupçonné d'avoir été une figure active d'un réseau de dopage organisé, a annoncé mercredi le parquet autrichien.

"A ce stade de l'enquête, il ne semble pas qu'il puisse entraver les investigations dans le cadre de sa remise en liberté", a indiqué un porte-parole du parquet d'Innsbruck (ouest), Hansjörg Mayr.

Dans un documentaire diffusé en janvier par la TV publique allemande ARD, le skieur de 31 ans avait révélé l'existence d'une filière de dopage sanguin, déclenchant fin février une vague d'interpellations en Allemagne et en Autriche, notamment en marge des Championnats du monde de ski nordique de Seefeld.

Au coeur des investigations se trouve Mark Schmidt, un médecin du sport basé à Erfurt (centre de l'Allemagne) dont le nom a déjà été évoqué dans plusieurs affaires de dopage.

Johannes Dürr, qui s'était présenté à la télévision comme un "lanceur d'alerte", est aujourd'hui soupçonné d'avoir été lui-même un collaborateur actif de Schmidt, à qui il aurait "présenté d'autres sportifs", selon le parquet autrichien.

Dürr est notamment mis en cause par ses compatriotes Dominik Baldauf et Max Hauke, tous deux interpellés à Seefeld, qui l'ont accusé de les avoir mis en contact avec le praticien allemand.

Dans une interview au journal autrichien Kronen Zeitung mercredi, ces deux fondeurs ont décrit un système "organisé de façon extrêmement professionnelle".

"On communiquait avec le médecin et son équipe avec des téléphones portables sans abonnement (anonymes en Autriche, ndlr). Quand on avait besoin d'une transfusion, un spécialiste nous attendait dans un hôtel voisin pour nous mettre l'aiguille", a détaillé Hauke.

Johannes Dürr dément formellement avoir servi d'intermédiaire, reconnaissant seulement avoir lui-même recouru à des autotransfusions jusqu'à tout récemment, a précisé le parquet.

Convaincu de dopage à l'EPO, à l'hormone de croissance et à l'autotransfusion en 2014, Dürr avait tenté sans succès de réintégrer l'équipe nationale autrichienne de fond à Seefeld après avoir purgé sa suspension.

Outre Baldauf et Hauke, les Estoniens Karel Tammjaerv et Andreas Veerpalu ainsi que le Kazakh Alexei Poltoranin avaient été interpellés lors du coup de filet du 27 février dans le Tyrol autrichien. Deux cyclistes autrichiens, Georg Preidler et Stefan Denifl, ont également été arrêtés dans la foulée.

Mark Schmidt avait déjà été mis en cause notamment par le coureur autrichien Bernhard Kohl (Gerolsteiner), déchu de son titre de meilleur grimpeur sur le Tour de France 2008 après avoir été convaincu de dopage à l'EPO Cera. Le médecin allemand avait toutefois été relaxé par la justice autrichienne.

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