Espagne: Alexis Sanchez accepte un accord avec le fisc mais s'insurge

Espagne: Alexis Sanchez accepte un accord avec le fisc mais s'insurge
L'attaquant de Manchester United Alexis Sanchez, buteur contre Huddersfield à Old Trafford, le 3 février 2018 PAUL ELLIS

Comme d'autres footballeurs avant lui, Alexis Sanchez a accepté un accord avec le fisc espagnol: de la prison avec sursis en échange d'une reconnaissance de culpabilité. Mais l'attaquant chilien de Manchester United s'est aussitôt insurgé contre le parquet, dénonçant mercredi un "pacte injuste".

C'est le dernier épisode en date dans la vaste offensive menée par le Trésor public espagnol dans le monde du football: Alexis Sanchez, considéré depuis son transfert à Manchester en janvier comme le footballeur le mieux payé d'Angleterre, a reconnu sa culpabilité pour fraude fiscale et accepté une peine de 16 mois de prison avec sursis.

Le Chilien évite ainsi d'être renvoyé devant la justice pour une fraude estimée à un million d'euros de revenus liés à l'exploitation de ses droits à l'image en 2012 et 2013, à l'époque où il évoluait au FC Barcelone, selon l'accord consulté par l'AFP.

Mais, attitude inhabituelle, le Chilien a refusé de faire profil bas, publiant sur son compte Twitter mercredi un communiqué de son agent pour réaffirmer son innocence.

"Même si nous avons démontré qu'Alexis n'avait commis aucun délit, nous avons été contraints, sur recommandation de nos conseillers, à accepter le pacte injuste proposé et éviter ainsi les dégâts émotionnels, personnels et économiques liés à un procès long et fastidieux", peut-on lire.

- Société maltaise -

L'attaquant de 29 ans avait pourtant reconnu, en janvier 2017, "un paiement de l'impôt erroné qu'il a réglé avec le fisc", lors d'une déclaration par visioconférence depuis Londres où il résidait alors en tant que joueur d'Arsenal.

Le texte de l'accord auquel sont parvenus la défense du joueur, le parquet et le représentant du fisc espagnol rappelle qu'Alexis Sanchez n'avait "déclaré aucun revenu dérivé de l'exploitation de droits à l'image" en 2012 et 2013, et n'avait pas non plus précisé qu'il était le propriétaire d'une société maltaise à laquelle il avait cédé ses droits.

Le Chilien, tranféré en janvier d'Arsenal à Manchester United, est donc condamné à deux peines de prison, de huit mois chacune, mais le parquet et le représentant du fisc demandent "la suspension de l'exécution" de ces peines s'il ne récidive pas dans les deux ans.

Pour se justifier, Alexis a allégué mercredi que le fisc espagnol avait changé de "critères" dans sa manière d'imposer les droits à l'image, ces copieux revenus liés aux contrats publicitaires. Et il a d'une certaine manière pris la défense de tous les footballeurs également mis en cause par le Trésor public en Espagne.

- Un système 'généralisé' -

"Les clubs utilisaient un mode de rétribution généralisé pour leurs équipes, accepté par le Trésor public dans le passé", a affirmé le joueur. "Cette manière de payer l'impôt était légitimement, tacitement et expressément admise par le Trésor public dans le passé."

Le fisc espagnol, alors qu'une profonde crise économique secouait le pays, a commencé ces dernières années à appliquer de manière plus sévère une loi de 2006 qui mettait fin à un système très répandu dans le football: avant 2006, 85% de la rémunération pouvait être versée par le club en salaire et soumis à l'impôt sur le revenu, et 15% était versée à une société en vertu des droits à l'image et soumis à l'impôt sur les entreprises, plus avantageux.

Dans ce contexte, la plupart des grands noms du football espagnol ont été inquiétés et plusieurs d'entre eux ont admis avoir fraudé dans des affaires similaires, comme le Brésilien Marcelo ou l'Argentin Javier Mascherano.

L'attaquant-vedette du FC Barcelone Lionel Messi, condamné en 2016 pour fraude fiscale, a pour sa part écopé d'une amende de 2,1 M EUR et d'une peine de 21 mois de prison commuée par la suite en amende.

Quant à Cristiano Ronaldo, star portugaise du Real Madrid, il a été mis en examen pour une fraude fiscale présumée de 14,7 millions d'euros autour de ses droits à l'image, ce qu'il conteste.

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