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Fashion Week de Londres: Delpozo fraîcheur, Mouret séducteur

Fashion Week de Londres: Delpozo fraîcheur, Mouret séducteur
Défilé Delpozo à la Fashion Week de Londres, le 16 septembre 2018 NIKLAS HALLE'N
Mode

Tissus vaporeux, motifs floraux: la maison espagnole Delpozo a apporté dimanche une bouffée d'air frais à la Fashion Week de Londres, après la poussée de fièvre militante provoquée par la collection du Français Roland Mouret, inspirée par le film érotique du siècle dernier "Emmanuelle".

Les références à la nature sont une marque de fabrique de Delpozo, et cette année, le styliste catalan Josep Font s'est notamment inspiré de la glycine pour proposer un vestiaire poétique reposant sur un concept: la "fraîcheur".

"Tout est très léger", a-t-il expliqué à l'AFP avant le défilé, consacré à la saison printemps-été 2019. "Non pas à cause des couleurs, mais à cause du mouvement et des structures recouvertes de tissus légers qui donnent un aspect vaporeux".

Les silhouettes sont éthérées, fragiles, ultra-féminines. Coiffées de chapeaux composés comme des pétales de fleurs, les femmes Delpozo portent de longues robes fluides et asymétriques à col cache-coeur, nouées à la taille par un simple ruban de tissu.

La palette pioche allégrement dans le répertoire végétal avec des teintes pastel (vert, glycine), mais parfois aussi plus intenses, comme cet imprimé feuilles sur fond fuchsia, inspiré du travail sur le cristal de l'artiste italien Fulvio Bianconi.

Côté matière, le créateur s'amuse avec la soie, le lin, la laine, le viscose ou le tulle, donnant à son vestiaire une sensation de légèreté sans cesse renouvelée.

Habitué des podiums new-yorkais, Josep Font avait défilé pour la première fois en février à la Fashion Week de Londres, et semble déterminé à y rester - du moins pour le moment.

"En réalité, il s'agit simplement de changer de ville parce qu'aujourd'hui, tout est tellement global que, que vous présentiez ici ou ailleurs, tout le monde le voit", a-t-il souligné.

Dans un genre tout aussi fluide, mais plus urbain, et plus sexy, Roland Mouret s'est inspiré du film érotique "Emmanuelle" (1974), qui, a expliqué le label, "incitait les femmes à s'approprier leur sexualité", pour créer une garde-robe collant à l'esprit du temps et du mouvement #metoo.

Maître dans l'art de sublimer le corps féminin, le styliste utilise des coupes sophistiquées et des effets de transparence pour mettre en scène une sensualité assumée, mais subtile, et finalement souvent discrète.

En 2019, les femmes "descendront dans la rue" pour défendre leurs droits, "mais ce n'est pas pour ça qu'elles oublieront qui elles sont", a souligné le styliste basé à Londres.

Ainsi ces femmes militantes portent-elles des imperméables à tartans gris et blancs et des manteaux de soie doublés de dentelles, des hauts zippés semi-transparents constellés de badges féministes, ou d'amples combinaisons blanches dont les décolletés descendent jusqu'au nombril.

A retenir côté couleurs, une abondance de bleu marine, de carmin, de grège et de jasmin.

La Fashion Week se poursuit jusqu'à mardi, et verra notamment défiler, lundi après-midi, le nouveau designer de Burberry, Riccardo Tisci.

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