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Royaume-Uni: Boris Johnson dénigre l'UE pour mieux rassembler sur le Brexit

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s'est posé mercredi en rassembleur d'un pays profondément divisé par le Brexit, mais sans pouvoir s'empêcher de dénigrer l'Union européenne.

"Le succès du Brexit dépendra de ce que nous en ferons. Et ensemble, nous en ferons un succès", a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Londres, dans une volonté de tendre la main à ceux qui ont voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. "Au fil du temps, ce projet peut unir ce pays", a-t-il assuré.

Boris Johnson, qui s'affiche depuis la campagne du référendum sur l'appartenance à l'UE comme l'un des leaders du camp pro-Brexit, a d'abord tenté de rassurer ses opposants sur les conséquences économiques et sécuritaires du retrait, refusant l'image d'un Royaume-Uni refermé sur lui-même.

"Il ne s'agit pas d'un bras d'honneur adressé depuis les falaises de Douvres", a-t-il affirmé, "la question n'est pas de revenir au système autarcique des années 1950", mais seulement de "reprendre le contrôle de nos frontières et de nos lois".

Alors que la société britannique reste profondément divisée sur le sujet et que le gouvernement peine à se mettre d'accord sur la mise en oeuvre du retrait, Boris Johnson a mis en garde les opposants au Brexit, estimant que revenir en arrière sur la sortie de l'UE provoquerait un "sentiment permanent et ineffaçable de trahison".

- "État européen global" -

Il a également adressé de nombreuses critiques à l'UE, estimant que "l'objectif de créer un État européen global" ne correspondait pas à "l'ambition" du Royaume-Uni et son "désir légitime d'autonomie gouvernementale".

Il a dénigré le fonctionnement des institutions européennes, qu'il a jugées "complexes et obscures". "A mes plus proches amis opposés au Brexit, je leur demande de m'expliquer le processus des Spitzenkandidaten", s'est-il amusé, raillant le processus de désignation du président de la Commission européenne.

Le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, a réagi à ces propos, estimant que l'idée d'un "État européen global" était un "non-sens total".

Boris Johnson s'est également attiré les critiques de plusieurs élus britanniques, parfois au sein de son propre parti. La députée conservatrice Anna Soubry a ainsi estimé qu'il n'avait pas "compris les véritables inquiétudes posées par le Brexit".

Le ministre s'est d'ailleurs bien gardé de répondre aux questions en suspens sur l'après-Brexit, notamment sur les droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni, qui "font encore l'objet de discussions".

- Série de discours -

Son discours doit être le premier d'une série d'interventions de membres du gouvernement, y compris sa cheffe Theresa May, qui doit exposer sa vision des futures relations avec l'UE.

Le Royaume-uni n'a toujours pas défini sa position dans les négociations avec Bruxelles sur leur future relation commerciale et n'est pas non plus d'accord sur les modalités de la période de transition qu'il a réclamée après le Brexit, prévu le 29 mars 2019.

L'exécutif est déchiré entre les partisans d'une franche rupture avec les 27, parmi lesquels Boris Johnson et le ministre de l'Environnement Michael Gove, et ceux qui veulent maintenir des liens forts avec l'UE, en particulier Philip Hammond, le ministre des Finances.

Habitué à se poser en challenger de la Première ministre Theresa May, Boris Johnson est cette fois-ci rentré dans le rang, expliquant qu'il avait "entièrement confiance" dans l'assurance qu'elle a donné de parvenir à "un bon accord commercial" entre le Royaume-Uni et l'UE.

D'autres membres du gouvernement livreront leur vision du Brexit dans les deux prochaines semaines: le ministre du Brexit David Davis évoquera les futures normes commerciales, le ministre d'Etat David Lidington abordera la répartition des compétences avec les parlement régionaux, et le secrétaire d'Etat au Commerce international Liam Fox doit livrer la stratégie sur la signature de futurs accords commerciaux.

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