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GB: le ministre des Affaires étrangères critiqué pour avoir comparé l'UE à l'Union soviétique

GB: le ministre des Affaires étrangères critiqué pour avoir comparé l'UE à l'Union soviétique
Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt à Birmingham le 30 septembre 2018Ben STANSALL

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s'est attiré lundi des critiques du monde diplomatique après avoir comparé l'Union européenne à l'Union soviétique lors d'un discours au congrès du Parti conservateur.

Jeremy Hunt a accusé dimanche l'Union européenne de chercher à "punir" le Royaume-Uni pour avoir décidé de la quitter, établissant un parallèle avec l'Union soviétique qui tentait d'empêcher ses citoyens de partir.

Peter Ricketts, secrétaire permanent du Foreign Office de 2006 à 2010, soit la fonction la plus élevée du ministère, a réagi en qualifiant ces propos de "bêtises indignes d'un ministre britannique des affaires étrangères", sur Twitter.

"Quel que soit votre avis sur le Brexit, c'est une erreur de jugement choquante pour le ministre britannique des Affaires étrangères de comparer l'Union européenne à l'Union soviétique", a renchéri sur le même réseau social son successeur de 2010 à 2015, Simon Fraser.

Le Royaume-Uni doit quitter l'UE fin mars 2019 mais à six mois du départ les négociations sur un accord de divorce patinent.

"Nous gagnerions tous -et en particulier les ministres des Affaires étrangères- à ouvrir un livre d'histoire de temps en temps", a réagi le porte-parole en chef de la Commission européenne, Margaritis Schinas, interrogé par la presse à Bruxelles lundi.

Lors de son discours, Jeremy Hunt a évoqué une visite en Lettonie, devenue une "démocratie moderne, membre de l'Otan et de l'UE", après avoir pris son indépendance.

"Qu'est-il arrivé à la confiance et aux idéaux du rêve européen? L'UE était destinée à protéger la liberté. C'était l'Union soviétique qui empêchait les gens de partir", a-t-il poursuivi.

Et de prévenir: "Si vous transformez le club européen en prison, le désir de s'enfuir ne diminuera pas mais grandira et nous ne serons pas le seul prisonnier à chercher à s'échapper".

Ce à quoi l'ambassadrice de Lettonie à Londres a répliqué que "l'Union européenne avait apporté la prospérité, l'égalité, la croissance et le respect" à son pays tandis que les Soviétiques avaient "détruit les vies de trois générations", sur Twitter.

De son côté, le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères Tomas Petricek a réagi en soulignant sur Twitter que "l'UE n'est vraiment pas l'Union soviétique". "Nous prenons des décisions conjointes en Europe à Bruxelles alors que Moscou décidait pour nous, sans nous".

Jeremy Hunt, vu comme un possible successeur à la Première ministre Theresa May, a aussi fait référence dans son allocution à l'ex-Première ministre Margaret Thatcher, qui avait balayé d'un célèbre "non, non et non" des propositions du président de la Commission européenne Jacques Delors en 1990.

Dans une interview au Telegraph publiée lundi, il s'en prend au président français qui avait fustigé "ceux qui avaient promis monts et merveilles" lors de la campagne du référendum de 2016 sur le Brexit et les avait traité de "menteurs".

"Si le président Macron pense que nous reviendrons en rampant, cherchant désespérément à retourner dans le club dans quelques années… c'est mal nous connaître", a déclaré Jeremy Hunt.

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