En Grèce, le nom de la Macédoine provoque une manifestation annoncée comme massive

En Grèce, le nom de la Macédoine provoque une manifestation annoncée comme massive
histoire, Grèce

Des centaines de milliers de personnes sont attendues dimanche à Athènes pour manifester leur opposition au compromis envisagé par le gouvernement d'Alexis Tsipras sur le futur nom de la Macédoine voisine, ex-république yougoslave.

Même le compositeur Mikis Theodorakis, âgé de 92 ans et malade, devrait faire partie des orateurs qui se succèderont sur la place Syntagma, qui était plutôt le théâtre ces dernières années de gigantesques manifestations dues à la crise économique. "Ce sera majestueux. Et ce sera un message très fort à l'intérieur et à l'extérieur de la Grèce", a ainsi prédit devant la presse cette semaine le porte-parole des organisateurs, Michalis Patsikas. Cette manifestation, la seconde en quinze jours sur le thème du nom de la Macédoine, a été organisée et financée en grande partie par des groupes de la diaspora grecque, des associations de militaires en retraite, des groupes ecclésiastiques et des associations culturelles de la Macédoine grecque. La manifestation du 21 janvier à Thessalonique, coeur de cette région, avait réuni entre "plus de 90.000" selon la police et 400 à 500.000 personnes selon les organisateurs, beaucoup plus qu'attendu en tout cas.


Athènes considère que le nom de "Macédoine" fait partie de son propre héritage culturel

Cette fois, les organisateurs misent sur un million de participants, sur la place Syntagma et dans les rues alentours. L'affaire du nom de la Macédoine reste non résolu depuis que l'ancienne république yougoslave est devenue indépendante, en 1991. Athènes considère que le nom de "Macédoine" fait partie de son propre héritage culturel. Les Grecs craignent qu'en revendiquant cette appellation et l'histoire d'Alexandre le Grand - né sur le territoire de l'actuelle province grecque de Macédoine -, Skopje n'ait aussi des visées territoriales sur le nord de la Grèce. Le gouvernement grec accepterait toutefois, sous certaines conditions, un nom comportant le mot de Macédoine, comme Macédoine du nord, ou Haute Macédoine, et c'est à ce possible compromis que s'opposeront les manifestants. Le gouvernement a assuré que les manifestations n'affecteront pas sa détermination à résoudre le problème du nom de la Macédoine, pour consolider la stabilité dans la région des Balkans. "Ne pas avoir de solution n'est pas bon pour notre intérêt national", a déclaré Alexis Tsipras.

Depuis 1993, la Macédoine a pu rejoindre les Nations unies sous le nom "d'Ancienne république yougoslave de Macédoine" (ARYM, FYROM en anglais). Mais elle ne peut adhérer en l'état ni à l'UE ni à l'OTAN. Des deux côtés de la frontière actuellement, les gouvernements semblent enclins aux efforts. Le premier ministre macédonien Zoran Zaev a ainsi annoncé à Davos fin janvier accepter de débaptiser l'aéroport international de Skopje et la principale autoroute du pays, tous deux nommés "Alexandre le Grand", dont les conquêtes ont marqué le zénith de l'influence culturelle et de la puissance grecques en Asie centrale et orientale, et en Afrique du nord. L'émissaire des Nations unies sur cette question Matthew Nimetz s'active entre les deux capitales: "Le moment de décider est venu", a-t-il estimé mardi à Athènes.

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