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Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 128e jour

 
UKRAINE
 

La guerre se poursuivait vendredi en Ukraine, notamment autour de la ville stratégique de Lyssytchansk (est) et dans le sud où un tir de missiles a fait au moins 21 morts près d'Odessa, selon les autorités ukrainiennes.

Voici un point de la situation militaire au 128e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

- Missiles dans le Sud -

Au moins 21 personnes ont été tuées dans des frappes au cours de la nuit de jeudi à vendredi sur des immeubles de la région d'Odessa, ont annoncé les services de secours ukrainiens.

Selon le commandement ukrainien du front sud, ce sont des appareils de type Tupolev Tu-22, des bombardiers stratégiques datant de la Guerre froide, qui ont lâché de la mer Noire des missiles Kh-22 contre un immeuble d'habitation et des bâtiments touristiques.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a assuré que les forces russes ne visaient pas de "cibles civiles".

Plus à l'est, dans la région de Zaporijjia, "les efforts ukrainiens n’ont pas permis de gains majeurs" et "on observe une valorisation des positions russes", souligne une source de l'état-major des armées françaises. Quant à la région de Kherson, occupée par les Russes et leurs alliés séparatistes, elle reste "contestée militairement et politiquement et les forces armées ukrainiennes continuent de cibler des sites militaires russes".

L'armée ukrainienne a de son côté dit avoir frappé "une concentration de troupes et d'équipements militaires de l'ennemi" près de la commune de Bilozerka, faisant état de "35 morts" parmi les soldats russes et de blindés ennemis détruits.

- Combats dans l'Est -

Les combats se poursuivent autour de Lyssytchansk, la dernière grande ville encore à conquérir pour les Russes dans la région de Lougansk, l'une des deux provinces du bassin industriel du Donbass, que Moscou entend entièrement contrôler.

Selon le ministère britannique de la Défense, les forces russes "affirment s'être emparées du village de Pryvillia", au nord-ouest de cette cité. "Des combats intenses se poursuivent, probablement pour s’emparer des hauteurs autour de (sa) raffinerie de pétrole", ajoute Londres dans sa note quotidienne.

Même lecture de la situation pour l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), qui a son siège à Washington : "Les troupes russes essaient probablement de traverser le coin nord-est de la raffinerie afin d'avancer de la raffinerie vers Lyssytchansk".

Mais pour l'état-major des armées françaises, si "les forces russes exercent une très forte pression sur Lyssytchansk", elles ne menacent "pas à ce stade la cohésion globale du dispositif défensif ukrainien dans la Donbass". Pour autant, "on observe un renforcement des capacités blindées russes, une intensification de l’appui de l'aviation et des frappes sur les arrières des forces ukrainiennes".

L'ISW évoque également les efforts déployés par les militaires russes pour reprendre le contrôle de localités au nord de la ville de Kharkiv (nord-est). Son gouverneur Oleg Sinegoubov a signalé quatre morts et trois blessés ces dernières 24 heures dans la région (trois morts et deux blessés à Izioum, un mort et un blessé à Tchouhouiv).

- "Isolement" -

Au lendemain de l'annonce du départ des Russes de l'île aux Serpents, dans l mer Noire, le ministère britannique de la Défense a jugé ce retrait "probablement" motivé par "l’isolement de la garnison et sa vulnérabilité croissante aux frappes ukrainiennes et non pas en signe +de bonne volonté+", comme affirmé par Moscou jeudi.

- Don de près d'un milliard -

La Norvège a annoncé vendredi un don de près d'un milliard d'euros à l'Ukraine sur deux ans, à l'occasion d'une visite à Kiev de son Premier ministre Jonas Gahr Støre. Ce don doit servir à de "l'aide humanitaire, à la reconstruction du pays, à des [achats d']armes et au soutien au fonctionnement des autorités" ukrainiennes, selon Oslo.

- Des dizaines de milliers de morts -

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais 15.000 à 20.000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev.

Aucun chiffre indépendant n'est disponible.

- Déplacés et réfugiés -

Plus de six millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon un nouveau comptage mardi de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Par ailleurs, "près de 16 millions de personnes en Ukraine ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire : en eau, nourriture, services de santé", a estimé jeudi Osnat Lubrani, la coordinatrice humanitaire de l'ONU dans ce pays.

Ils s'ajoutent aux plus de 5,2 millions d'Ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d'autres Etats européens depuis le début du conflit le 24 février.


 

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