L'auteur de l'attaque près d'une mosquée de Londres condamné à la perpétuité

L'auteur de l'attaque près d'une mosquée de Londres condamné à la perpétuité
Darren Osborne, condamné à perpétuité vendredi 2 février pour une attaque anti-musulmans en juin 2017, sur une photo fournie par la police le 1er février 2018-

L'homme qui avait lancé une camionnette contre des musulmans à proximité de la mosquée de Finsbury Park à Londres en juin 2017, tuant un homme et en blessant 12 autres, a été condamné vendredi à la prison à perpétuité.

Darren Osborne, un Gallois de 48 ans, avait plaidé non coupable, expliquant qu'il était seulement le passager du van, conduit par un autre homme. Sa peine a été assortie d'une période de sûreté de 43 ans.

"Il s'agissait d'une attaque terroriste. Vous avez cherché à tuer", a affirmé la juge Bobbie Cheema-Grubb à l'énoncé du verdict, clôturant neuf jours de procès devant le tribunal londonien de Woolwich.

Elle a affirmé que M. Osborne s'était radicalisé sur internet. "Votre état d'esprit était d'une haine malveillante", lui a-t-elle soutenu, tandis qu'il demeurait impassible.

Le verdict a été rendu après une heure de délibéré entre les jurés. Ils ont jugé "inventée" l'existence du complice qui aurait été au volant au moment de l'attaque.

La famille de Makram Ali, l'homme de 51 ans décédé dans l'attaque, a salué cette condamnation.

"Nous sommes satisfaits du verdict", a déclaré la fille de la victime. "C'était particulièrement dur pour nous de s'asseoir au tribunal et d'écouter Darren Osborne nier avoir fait quoi que ce soit".

Un porte-parole du gouvernement a estimé que Darren Osborne avait commis "une attaque effroyable et lâche". "J'estime qu'il s'agissait d'un acte de terrorisme", a-t-il ajouté.

Il a rappelé que "la Première ministre Theresa May a clairement demandé aux entreprises du web d'amplifier leurs efforts pour supprimer les contenus extrémistes en ligne", afin qu'internet "ne puisse plus être un espace sûr pour les terroristes".

- 'Haine des musulmans' -

Darren Osborne, père de quatre enfants, sans emploi et sans ami proche, s'était radicalisé dans les semaines précédant l'attaque.

Sa compagne, avec laquelle il vivait à Cardiff, au Pays de Galles, l'a décrit comme "dépressif", "alcoolique" "obsédé par les musulmans dans les semaines ayant précédé l'incident", selon son témoignage cité par le procureur.

"Le catalyseur de son obsession semble avoir été la diffusion de la série de la BBC +Three girls+ qu'ils ont regardée ensemble", avait expliqué le procureur.

Cette fiction basée sur des faits réels raconte l'histoire de jeunes femmes victimes de viols et d'agressions sexuelles commises par un groupe de musulmans britanniques d'origine pakistanaise, dans la banlieue de Manchester.

Après avoir visionné cette série, Darren Osborne s'est "révolté contre ce qu'(il) pensait être une réponse inadéquate des dirigeants politiques et d'autres autorités à une telle conduite criminelle", a affirmé la juge.

Il s'est ensuite "rapidement radicalisé", a-t-elle expliqué, en trouvant sur Twitter et plus largement sur internet des contenus publiés au Royaume-Uni et aux États-Unis "par ceux qui étaient déterminés à répandre la haine des musulmans sur la base de leur religion".

Darren Osborne avait expliqué qu'il souhaitait initialement attaquer une marche en faveur des Palestiniens organisée dans les rues de la capitale britannique et "percuter autant" de personnes que possible.

Il avait été empêché d'atteindre cette manifestation par la fermeture des accès routiers.

Peu après minuit le 19 juin, il avait finalement percuté un groupe de personnes regroupées près de la mosquée de Finsbury Park. "Vous les avez attaquées parce que vous les avez identifiées, à partir de leurs vêtements, comme étant des musulmans", a souligné la juge.

Selon le procureur, l'accusé était déjà apparu devant les tribunaux à 33 reprises pour 102 infractions commises entre 1984 et 2014.

L'attaque perpétrée par Darren Osborne était survenue dans un climat d'extrême fébrilité au Royaume-Uni, après trois attentats en trois mois, à Londres et Manchester, ayant fait 35 morts et revendiqués par le groupe jihadiste État islamique (EI).

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