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L'Espagne dit adieu à "sa" soprano Montserrat Caballé à Barcelone

L'Espagne a dit adieu lundi à la diva de l'opéra Montserrat Caballé, disparue samedi à 85 ans, lors de funérailles à Barcelone en présence du musicien Jordi Savall, du ténor Jose Carreras ou du chef du gouvernement espagnol.

A la demande de la soprano espagnole - surnommée "la superba" - la cérémonie s'est déroulée en privé et dans l'intimité au funérarium de sa ville natale, où résonnaient des arias qu'elle avait chantées.

Son veuf, l'ancien ténor Bernabé Marti, sa fille, la soprano Montserrat Marti, et le reste de ses proches étaient accompagnés par l'épouse de l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, Sophie de Grèce, ainsi que par le nouveau chef du gouvernement socialiste, Pedro Sanchez, et le président indépendantiste de la Catalogne, Quim Torra.

"Pour moi, Montserrat a été la soprano la plus importante du XXe siècle, si quelqu'un pouvait s'en approcher, c'était Maria Callas", a déclaré à la presse l'artiste lyrique José Carreras, 71 ans, vantant "une faculté d'adaptation et un amour pour ce qu'elle faisait extraordinaires".

Montserrat Caballé avait ainsi pris plaisir à enregistrer un album avec le chanteur du groupe de rock Queen, le Britannique Freddie Mercury, ou à interpréter magnifiquement la chanson "Hijo de la luna" du groupe de pop rock espagnol Mecano.

Issue d'une famille modeste qui avait connu les expulsions immobilières dans l'après-guerre civile, Montserrat Caballé a été enterrée aux côtés de ses parents au cimetière de Sant Andreu, quartier populaire du nord de Barcelone.

"Elle était d'une famille très pauvre et malgré cela elle était parvenue à triompher", soulignait un homme de 77 ans, Jose Espin. "C'était une grande chanteuse et une grande personne, toujours joyeuse, avec le sourire", témoignait aussi un retraité de 87 ans, Manuel Sánchez Rodríguez.

Le chanteur populaire italien Al Bano était présent à la cérémonie, tout comme la direction du Grand théâtre du Liceu de Barcelone, que la soprano considérait comme sa deuxième maison.

"Elle fascinait", a résumé la directrice artistique du Liceu, Christina Scheppelmann, en la présentant comme une icône "incomparable quant à la beauté du chant et de la perfection technique".

Dimanche, avant une représentation d'un opéra de Vincenzo Bellini, le public du Liceu avait applaudi debout la défunte diva, alors que les haut-parleurs diffusaient son interprétation de l'aria "Casta Diva" de l'opéra Norma de Bellini.

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