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L'extrême droite en Suède, entre dégagisme et "nationalisme ethnique"

L'extrême droite en Suède, entre dégagisme et
Le patron de l'extrême droite en Suède, le chef des Démocrates de Suède (SD) Jimmie Akesson, lors d'une réunion électorale à Sundsvall le 17 août 2018Mats ANDERSSON

Les électeurs des Démocrates de Suède, formation dont la doctrine originelle puise aux sources du "nationalisme ethnique" et qui pourrait devenir le deuxième parti de Suède aux élections législatives du 9 septembre, sont en majorité des hommes issus de la classe ouvrière.

Concentrés dans le sud conservateur du pays scandinave, ils ne sont pas forcément xénophobes mais perçoivent l'immigration comme une "menace économique et culturelle", indique à l'AFP Jens Rydgren, titulaire de la chaire de sociologie à l'Université de Stockholm.

Question: D'où viennent les Démocrates de Suède ?

Réponse: Le parti a été fondé à la fin des années 1980, en ce sens c'est un parti assez récent. Parmi ses fondateurs on retrouve d'anciens membres de l'extrême droite en Suède qui avaient des liens très étroits avec les néofascistes et dans une certaine mesure aussi les néonazis (...). Je les classe généralement parmi la droite radicale. Ils ont beaucoup de points communs avec les autres partis de la droite radicale en Europe. Ils jouent le jeu démocratique en participant aux élections mais aspirent à des changements radicaux dans la société. Surtout, ce qu'ils partagent est que ce sont des nationalistes ethniques, leur principal objectif étant de renforcer l'homogénéité ethnique dans leur pays (...). Ils se distinguent d'autres partis semblables en Europe parce que leurs liens avec la mouvance néofasciste ou néonazie étaient nettement plus forts. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi ils sont plus stigmatisés par de nombreux électeurs et les partis traditionnels".

Q: Qui sont ses électeurs ?

R: "Ce sont d'abords des hommes, avec un faible niveau d'instruction, surreprésentés dans la classe ouvrière mais aussi dans la classe moyenne, auto-entrepreneurs. Ce qui définit ces électeurs en termes d'attitude politique c'est qu'ils souhaitent une réduction de l'immigration et qu'ils voient l'immigration comme une menace économique et culturelle. Ils ont aussi moins confiance dans les institutions politiques et les médias de masse (...). Ils ne parviennent pas à attirer les femmes et cela fait partie de leur stratégie principale, attirer les femmes de la classe ouvrière, d'où leur emphase sur les problèmes du système de santé (...). La plupart d'entre eux étaient des électeurs conservateurs ou sociaux-démocrates".

Q: On voit émerger un vote d'extrême droite chez les personnes nées à l'étranger, évalué à un peu plus de 10%.

R: "Cela s'explique par le fait que les SD mobilisent avant tout contre les immigrés extra-européens, or nombre d'immigrés plus anciens en Suède viennent, eux, d'Europe (ex-Yougoslavie notamment, NDLR). Mais les statistiques à ce sujet font défaut. Par ailleurs ils présentent les mêmes caractéristiques démographiques que d'autres groupes d'électeurs (...). Nous avons demandé aux électeurs (d'extrême droite) quel pourcentage d'immigrés ou de personnes nées à l'étranger vivent en Suède. La plupart était incapable de répondre mais quand on leur demandait combien d'après eux étaient nés au Moyen-Orient, leur estimation était en moyenne 2,5 fois supérieure à la vérité".

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