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L'Italie attend toujours une majorité et un Premier ministre

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Cette fois sera-t-elle la bonne ? Le président italien convoque de nouveau les formations politiques pour des consultations mardi, au terme desquelles il pourrait enfin annoncer la formation d'un gouvernement et le nom d'un Premier ministre.

Sergio Mattarella, le maître des horloges, veut aller vite et éviter de prolonger l'instabilité politique de la troisième économie de la zone euro: il a exigé une décision des partis pour lundi soir au plus tard, indiquent les journalistes experts en décryptage présidentiel dimanche. Si aucune majorité solide n'émerge, il convoquera des élections anticipées, pour le 10 novembre.

Les tractations vont bon train entre le Parti démocrate (PD, centre gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) pour essayer de former une nouvelle majorité, en remplacement de l'alliance populiste qu'a torpillé le 8 août le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini.

Le PD apparaît résolu à avancer. "Sur les points de programme proposés, nous sommes ouverts à tout type de discussion", a déclaré son chef Nicola Zingaretti.

Les deux camps convergent sur la réduction du nombre de parlementaires (ramenés à 600 contre près de 950), un programme économique attentif aux plus faibles et respectueux de l'environnement.

Mais au sein du Mouvement Cinq Etoiles, fondé sur le rejet de la vieille classe politique, et traversé de courants droitiers, eurosceptiques ou marqués à gauche, les dissensions sont fortes.

Impossible toutefois d'imaginer un gouvernement sans le M5S qui, même en perte de vitesse avec un score de 17% aux Européennes, reste le premier parti au parlement depuis les législatives de 2018 (32% des voix).

- Conte maintenu ou pas ? -

Selon les médias, le chef du M5S Luigi Di Maio exige de M. Zingaretti qu'il accepte le maintien, à la tête d'une coalition "jaune (comme le M5S)-rose (comme le PD)", du chef de gouvernement sortant Giuseppe Conte.

Une condition indigeste pour M. Zingaretti qui réclame "un changement de cap" après "un exécutif qui n'a pas été une expérience positive", notamment avec les diktats anti-migrants du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini.

Le très écouté "père fondateur" du M5S, Beppe Grillo, a défendu, via son blog, M. Conte qui "apporte comme valeur ajoutée l'expérience d'avoir gouverné cet étrange pays. Bienvenue parmi les Elevés". L'humoriste pense que le rôle modérateur de M. Conte pourrait ressouder les militants M5S, très réticents à une alliance avec leurs ex-ennemis du PD.

Selon les politologues, M. Conte, populaire en Italie, est sorti grandi de la crise avec M. Salvini qu'il a traité au Sénat d'"irresponsable" avant de démissionner avec panache le 20 août.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a rendu hommage au Premier ministre sortant, pendant le sommet du G7 en France: "Il a toujours défendu les intérêts de l'Italie. C'est l'un des meilleurs exemples de responsabilité et loyauté".

A propos des informations arrivant d'Italie, M. Conte a jugé que la future majorité n'est "pas une question de personnes mais de programmes". Tout en énumérant des priorités pour l'Italie, calquées sur l'ébauche de programme commun M5S-PD: le réchauffement climatique et une relance de la poussive croissance.

- La Ligue s'écroule -

Pendant ce temps à Rome, Matteo Salvini a joué les trouble-fêtes en proposant aux Cinq Etoiles une réconciliation de dernière minute et un gouvernement dirigé par M. Di Maio. "Je ferai tout pour empêcher un gouvernement PD-M5S", a-t-il dit.

Même si M. Conte a fait barrage, notant que "la saison d'alliance avec la Ligue est terminée", selon les experts, une influente portion du M5S est tentée par les sirènes du Lombard, qui réclame de moins en moins un scrutin anticipé.

Peut-être parce qu'il s'écroule dans les sondages. L'institut Tecné donnait vendredi la Ligue à 31,3% des intentions de vote contre un record de 38% le 8 août, jour de sa rupture avec le M5S.

La même étude d'opinion montre une poussée du PD qui se classerait derrière la Ligue à 24,6% en cas de vote (19% au printemps 2018) et une reprise du M5S à 20,8%, trois points de mieux que le 8 août.

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