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L'orthodoxie, la troisième confession chrétienne dans le monde

Russie

L'orthodoxie, la troisième plus grande confession de la chrétienté après les catholiques et les protestants, compte selon les estimations entre 125 et 180 millions de fidèles dans le monde, principalement en Russie et en Europe orientale.

- L'origine: le schisme de 1054 -

Après des siècles de querelles théologiques et politiques, le schisme entre églises d'Orient et d'Occident survient en 1054 avec l'excommunication du patriarche de Constantinople Michel Ier Cérulaire, qui refuse de reconnaître la primauté du pape. Le légat du pape, le cardinal Humbert de Moyenmoutier, qui a prononcé cette excommunication, est excommunié à son tour par Cérulaire.

Les deux Eglises ne lèveront ces excommunications qu'en 1965.

Les croisades, redoutées par la plupart des Chrétiens d'Orient, aggravent la séparation, les croisés instaurant des patriarcats latins parallèles aux patriarcats grecs.

- La foi orthodoxe -

Le mot orthodoxe provient du grec "ortho" (droit) et "doxa" (doctrine). L'Eglise orthodoxe revendique la possession de la "vraie foi" et considère que toutes les autres Eglises, y compris l'Eglise catholique, devraient la rejoindre.

L'une des principales divergences entre catholiques et orthodoxes est celle dite du "Filioque": pour les orthodoxes, l’Esprit Saint procède du Père, alors que pour les catholiques il procède du Père et du Fils.

Les orthodoxes rejettent aussi les dogmes catholiques de l’Immaculée conception (la Vierge Marie est née sans péché), de l’Assomption (ascension de Marie), ainsi que l'infaillibilité du pape.

Contrairement aux catholiques, les orthodoxes acceptent l'ordination d'hommes déjà mariés, ainsi que le divorce en cas d'adultère.

Si la liturgie catholique a évolué avec le temps, la liturgie orthodoxe n'a quasiment pas changé depuis le premier millénaire.

- Une organisation complexe -

L'orthodoxie est organisée en une quinzaine de patriarcats ou Eglises indépendantes, dites "autocéphales", dont l'Eglise orthodoxe russe qui a annoncé lundi rompre ses liens avec le Patriarcat de Constantinople après sa décision la semaine dernière de reconnaître une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine.

Les quatre patriarcats d'origine sont ceux de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem.

Se sont ajoutées au fil des siècles onze églises autocéphales qui reconnaissent la primauté du patriarche de Constantinople mais peuvent désigner elles-mêmes leurs primats. Quatre de ces Eglises portent le titre de patriarcat: Moscou, Serbie, Roumanie, Bulgarie. Les autres sont les Eglises autocéphales de Géorgie, Grèce, Chypre, Albanie, Pologne, l'Eglise de Tchéquie et Slovaquie, et celle d'Ukraine.

Certaines Eglises orthodoxes reconnaissent une autre Eglise autocéphale: l'Eglise orthodoxe en Amérique, dont le siège est à New York.

Deux autres Eglises orthodoxes jouissent de l'autonomie sans être autocéphales: celles de Finlande (rattachée au patriarcat de Constantinople) et du Japon (patriarcat de Moscou).

- Le patriarche de Constantinople -

Le patriarche de Constantinople --actuellement Bartholomée Ier-- exerce une primauté honorifique et historique sur les autres patriarches du monde orthodoxe. Il est "premier parmi ses égaux": cela ne lui donne pas le droit d'intervenir dans les affaires religieuses des autres Eglises orthodoxes, mais lui confère une préséance spirituelle et protocolaire.

Le rôle religieux de Constantinople remonte à l'empereur Constantin qui a fait en 313 du christianisme la religion officielle de l'Empire romain d'Orient et de Constantinople sa capitale.

Au cours des siècles, c'est toutefois le patriarcat de Moscou, qui compte beaucoup plus de fidèles que celui de Constantinople, qui a pris l'ascendant sur le monde orthodoxe. L'actuel patriarche russe, Kirill, est considéré comme un allié du président Vladimir Poutine.

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