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La BBC ne pourra pas faire appel contre Cliff Richard

La BBC ne pourra pas faire appel contre Cliff Richard
Cliff Richard, ici le 12 juillet assistant à un match de tennis à Wimbledon, recevra 850.000 livres de la BBC pour couvrir ses frais de justice.Glyn KIRK

La Haute Cour de Londres a refusé jeudi à la BBC de faire appel de sa condamnation pour atteinte à la vie privée du chanteur britannique Cliff Richard.

Le groupe audiovisuel public britannique avait introduit jeudi une demande d'autorisation pour faire appel de ce jugement dont elle estime qu'il porte atteinte à la liberté de la presse.

"Nous n'avons pas encore décidé si nous ferons appel mais nous avons demandé aujourd'hui l'autorisation de le faire pour garder toutes les options ouvertes", avait expliqué un porte-parole dans un email à l'AFP. "Nous renouvelons nos excuses à Sir Cliff pour la détresse causée et nous ne souhaitons pas prolonger plus longtemps que nécessaire cette affaire mais le jugement a soulevé des questions importantes concernant la liberté de la presse", avait-il ajouté.

Cliff Richard, 77 ans, considéré comme l'"Elvis britannique", avait intenté une action en justice contre la BBC pour avoir diffusé en direct des images prises depuis un hélicoptère d'une perquisition à son domicile à Sunningdale (sud-est de l'Angleterre) en août 2014. Cette perquisition s'était déroulée dans le cadre d'une enquête pour agression sexuelle sur mineur dont le chanteur est finalement sorti blanchi.

La justice a accordé au chanteur britannique 210.000 livres (240.000 euros) de dommages et intérêts la semaine dernière. La Haute Cour a estimé que la BBC avait "gravement" enfreint le droit à la vie privée de la star "de façon sensationnaliste", et a précisé qu'il aurait droit à des sommes supplémentaires fixées à une date ultérieure.

Jeudi, la BBC a annoncé qu'elle allait verser 850.000 livres (956.000 euros) au chanteur pour couvrir ses frais de justice, ainsi que 315.000 livres (354.000 euros) à la police du Yorkshire sud qui avait mené la perquisition à son domicile.

Au cours du procès, le groupe avait fait valoir que sa couverture de l'opération était factuellement correcte et de bonne foi. A l'énoncé du jugement, elle avait dénoncé une décision "contraire à la liberté de la presse et à la capacité des journalistes à rendre compte d'enquêtes policières", soulignant que "le juge avait décidé que la simple mention du nom de Sir Cliff était illégale".

Tony Gallagher, le rédacteur en chef du Sun, quotidien le plus vendu au Royaume-Uni, s'était aussi ému d'une décision "lamentable". "Victoire pour les criminels (présumés) et les avocats avides d'argent, terrible pour les médias", avait-il tweeté.

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