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La Lituanie célèbre les 100 ans de son indépendance retrouvée

histoire

Les cloches de toutes les églises de Lituanie ont sonné à la volée vendredi pour marquer le 100e anniversaire de son indépendance retrouvée, célébré sur fond de tensions avec le voisin russe et d'intégration avec l'Occident.

"Au début du siècle dernier, nous regardions vers l'avenir avec beaucoup d'espoir de voir des signes de soutien", a déclaré la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, lors d'une cérémonie à Vilnius.

"Aujourd'hui, nous savons que nous avons de vrais amis et alliés, et le soutien de leurs bras puissants", a-t-elle ajouté, entourée de dirigeants de l'UE et de plusieurs chefs d'Etat de la région, dont l'Allemand Frank-Walter Steinmeier.

Comme pour illustrer ses paroles, des chasseurs américains et danois déployés en Lituanie ont traversé le ciel nuageux de Vilnius.

La célébration du centenaire a commencé vendredi matin par une marche d'environ trois mille personnes, en majorité des écoliers, dans les rues enneigées du centre de Vilnius, pour rendre hommage aux vingt Lituaniens qui avaient signé la déclaration d'indépendance il y a cent ans, jour pour jour.

Elle devait s'achever par un rassemblement autour de cent grands feux dans la principale rue piétonne de Vilnius, avec des concerts et des feux d'artifices partout dans le pays.

Membre de l'Otan, de l'Union européenne et de la zone euro, ce pays balte de 2,8 millions d'habitants affiche une croissance solide de 3,9% en 2017 mais reste confronté à de sérieux soucis: inflation élevée, profondes inégalités sociales et émigration massive vers les pays d'Europe occidentale plus riches.

Tout comme ses voisins letton et estonien, la Lituanie a décidé d'augmenter ses dépenses pour la défense nationale et a accueilli des troupes de l'Otan, en réaction à l'intervention russe en 2014 en Ukraine.

"La création d'une démocratie authentiquement stable constitue l'acquis majeur de la Lituanie indépendante. Malgré les changements fréquents de gouvernements, des va-et-vient de partis populistes, les résultats des élections n'ont jamais été mis en cause", fait remarquer Kestutis Girnius, expert de l'Université de Vilnius.

- Puissance médiévale -

La Lituanie a recouvré son indépendance en 1990 en quittant l'Union soviétique, mais ce n'est pas une nouvelle venue sur la carte de l'Europe.

Son premier roi, Mindaugas, fut couronné en 1253.

La fédération polono-lituanienne fut une puissance européenne majeure pendant des siècles jusqu'à ce que leur Etat commun fût rayé de la carte en 1795 par la Russie impériale, la Prusse et l'Autriche.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la Lituanie resta province de l'empire russe qui chercha à écraser le sentiment national et alla jusqu'à interdire l'alphabet lituanien, dérivé de l'alphabet latin.

La déclaration d'indépendance fut adoptée le 16 février 1918, alors que le pays était encore occupé par l'armée allemande. De brèves guerres contre les bolcheviks et la Pologne ont suivi avant que la Lituanie n'obtienne la reconnaissance internationale.

Retrouvée dans des archives à Berlin l'année dernière par un historien lituanien, la déclaration d'indépendance vient d'être remise à Vilnius où elle restera pendant cinq ans, aux termes d'un accord bilatéral.

- Longue marche -

La Lituanie moderne resta un pays indépendant dans l'entre-deux-guerres, fut envahie ensuite par l'Union soviétique en 1940, par l'Allemagne nazie en 1941 et de nouveau en 1944 par les Soviétiques qui l'occupèrent pendant près d'un demi-siècle.

L'idée indépendantiste a refleuri dans les années 1980, faisant de la Lituanie la première des anciennes républiques soviétiques à recouvrer la liberté en mars 1990.

Vilnius a adopté l'euro en 2015 et, contrairement à certains autres pays ex-communistes, a toujours cherché à éviter des différends majeurs avec Bruxelles.

"En fait, c'est seulement quand elles sont unies que les nations européennes peuvent être souveraines (...) La Lituanie le comprend très bien et c'est pourquoi elle a toujours joué un rôle actif et constructif", a dit jeudi aux journalistes à Vilnius le président du Conseil européen, Donald Tusk.

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