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La Slovaquie enquêtera sur son rôle dans l'enlèvement d'un Vietnamien en Allemagne

(Belga) La Slovaquie ouvrira une enquête sur son rôle dans l'enlèvement à Berlin, l'an dernier, d'un manager vietnamien vers Hanoï, a indiqué lundi un porte-parole du parquet, cité par le quotidien Dennik N.

"Après avoir examiné le dossier complet, le procureur chargé de la surveillance a chargé l'enquêteur d'engager des poursuites pénales en relation avec le délit de restriction de la liberté personnelle, avec les complices", a écrit au quotidien Michal Surek, porte-parole du parquet régional de Bratislava, cité sur le site internet de Dennik N. L'homme enlevé, Trinh Xuan Thanh, 52 ans, - un ancien haut dirigeant d'une entreprise pétrolière publique vietnamienne qui cherchait à obtenir l'asile politique en Allemagne - se promenait au parc Tiergarten en juillet 2017 à Berlin, lorsqu'il a été mis de force dans une camionnette et ensuite transporté au Vietnam, apparemment via la République tchèque et la Slovaquie. Selon Dennik N, le parquet slovaque dispose de témoignages de deux policiers qui ont indiqué avoir vu l'homme d'affaires traîné dans un avion du gouvernement slovaque qui a ensuite servi à son transport vers Hanoï. Ils ont confirmé la version publiée par Dennik N début août sur la base des témoignages de policiers qui souhaitaient rester anonymes. Des responsables slovaques avaient à l'époque démenti que les autorités de Bratislava aient participé intentionnellement au transport de l'homme d'affaires et le Premier ministre Peter Pellegrini avait déclaré que son gouvernement collaborerait pleinement avec la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire. L'enlèvement a provoqué une crise diplomatique entre l'Allemagne et le Vietnam. Le parquet fédéral allemand avait affirmé que le commando avait agi "à l'initiative de services gouvernementaux vietnamiens". Le gouvernement avait réagi à cet incident en expulsant deux diplomates vietnamiens et en convoquant leur ambassadeur à plusieurs reprises. Selon la version officielle de Hanoï, M. Thanh a regagné son pays de son plein gré pour répondre des accusations de détournements à l'époque où il dirigeait une entreprise de construction faisant partie du premier groupe pétrolier vietnamien. Il a depuis été condamné à deux peines de prison à vie. Le gouvernement communiste vietnamien a lancé en 2016 une importante campagne anti-corruption visant des dizaines banquiers, des hommes d'affaires et des hommes politiques, auparavant considérés comme intouchables. Pour des observateurs, il s'agirait aussi d'éliminer des rivaux politiques. (Belga)

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