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Le bureau du Premier ministre canadien l’affirme, le CETA "sera signé jeudi"

Le bureau du Premier ministre canadien l’affirme, le CETA
Justin Trudeau, à gauche, en compagnie de ses homologues luxembourgeois, italien et belge
CETA

Malgré l’impossibilité pour la Belgique de signer l’accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) en raison du refus de la Wallonie, de Bruxelles et de la Communauté française de lui en déléguer le pouvoir, l’Europe et le Canada ont décidé de maintenir le sommet européen prévu jeudi, dans 2 jours seulement, pour signer celui-ci.

"Ensemble avec le Premier ministre Justin Trudeau, nous pensons que le sommet de jeudi est toujours possible", a assuré lundi soir dans un tweet le président du Conseil européen, Donald Tusk, après s'être entretenu au téléphone avec le dirigeant canadien.

"Les dirigeants sont convenus que l'Union européenne et ses pays membres devraient continuer de préparer le sommet de jeudi, où l'Accord économique et commercial global sera signé", a confirmé le bureau de M. Trudeau. "J'ai espoir. La balle est maintenant dans le camp de l'Europe", a ajouté lundi la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland.


Le problème de fond: les parlements d'Europe n'ont jamais pu négocier

Pourtant, Charles Michel leur a annoncé : la Belgique n’est "pas en état de signer le CETA" vu le refus des francophones. Vu de l’extérieur de notre pays, ça n’est pas toujours bien compris : comment des parlements représentant 4,5 millions d’habitants peuvent-ils bloquer un accord négocié depuis 7 ans et qui concerne plus de 500 millions d’Européens ?

C’était sans compter sur le fait que ces parlements de la Belgique francophone (tout comme les autres parlements d’Europe, puisque c’est la Commission européenne qui a négocié le CETA au nom des Etats membres) n’ont jamais été associés à cette négociation, et qu’en l’état, l’accord négocié est imbuvable.


Impossible de convaincre la Wallonie en deux jours seulement

Pour autant, la Wallonie, devenue figure de proue des anti-CETA, ne refuse pas de continuer à le négocier. Mais il faudra plus que les aménagements proposés : 4 points restent problématiques et ça prendra beaucoup plus de temps que 2 jours pour, si le Canada et l’Europe y concèdent, apporter les aménagements et garanties encore réclamés par la Wallonie.

Sur cette question de temps, si le Conseil européen semble croire, comme le Canada, qu’il sera encore possible de convaincre nos élus en deux jours, la Commission européenne, elle, semble avoir compris le message. Elle est prête à laisser du temps à notre pays, mais pas énormément : encore quelques semaines, selon une source européenne. "Du point de vue de l'UE, la Belgique est toujours en train d'établir sa position. Nous respectons cela. La patience est essentielle", a d'ailleurs réagi un de ses porte-paroles.

Même point de vue pour le président du Parlement européen, Martin Schulz. "Je ne pense pas que nous aurons une solution cette semaine. Cela me semble très très difficile", a-t-il affirmé à la radio allemande Deutschlandfunk. "Un tel accord commercial transatlantique, ce n'est pas comme un petit contrat pour la vente d'une voiture d'occasion, c'est un accord commercial sans précédent, d'une importance mondiale. Si vous avez besoin de 14 autres jours (pour lever les dernières réticences), alors vous postposez le sommet", a ajouté M. Schulz.

Mais alors, à quoi pourrait bien servir le maintien du sommet de jeudi comme semblent le vouloir les Canadiens ? Mystère.

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