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Le chamane sibérien qui voulait bannir le "démon" Poutine déclaré fou

Le chamane sibérien qui voulait bannir le
Vladimir Poutine à Moscou le 17 septembre 2019Pavel Golovkin
Russie

Le chamane sibérien qui avait entamé un périple à pied à travers la Russie avec l'ambition de bannir le "démon" Vladimir Poutine avant d'être arrêté par la police, a été déclaré malade mental, a annoncé jeudi l'ONG défendant ses intérêts.

Alexandre Gabychev, interpellé en septembre et renvoyé dans sa région natale de Iakoutie, a été "déclaré irresponsable de ses actes en raison de troubles mentaux" à la suite d'une expertise médicale, selon un communiqué de l'organisation de défense des droits humains Pravozachtchita Otkrytki.

Selon l'ONG, cette expertise a été menée le 20 septembre sur demande des services de sécurité russes (FSB);

Le chamane de 51 ans avait été forcé de signer un document dans lequel il déclarait accepter cette expertise, ce qu'il a ensuite renié.

L'organisation a promis de mener une expertise indépendante "la semaine prochaine" avec des experts de Moscou. "Nous estimons que dans le cadre d'une expertise ambulatoire et dans des conditions de manque de temps, il est impossible de tirer des conclusions fiables et complètes sur la santé d'un patient", affirme-t-elle.

Alexandre Gabychev a commencé son interminable marche en mars à travers le plus grand pays du monde et prévoyait d'arriver en 2021 à Moscou, où il voulait organiser une "cérémonie de bannissement de Vladimir Poutine", qu'il a qualifié de "démon".

Il a été interpellé dans la nuit du 17 au 18 septembre par la police dans la république russe de Bouriatie en Sibérie orientale, alors qu'il campait avec des disciples sur une autoroute proche du lac Baïkal.

Le chamane est accusé d'"appels publics à des activités extrémistes", un crime passible de trois ans de prison.

Le ministère russe de la Santé avait assuré en septembre être prêt à lui "apporter une assistance médicale de qualité", tandis que le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a dénoncé de "veilles méthodes dignes du KGB soviétique", lorsque les dissidents étaient diagnostiqués malades mentaux et enfermés par le pouvoir pour mieux les discréditer.

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