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Le mécanisme de plafond du prix du gaz proposé par la Commission est-il trop strict? Madrid le qualifie de "plaisanterie"

 
 

Le gouvernement espagnol a accusé mercredi la Commission européenne de se "payer la tête du monde" avec une proposition visant à plafonner temporairement le prix du gaz aux conditions trop drastiques.

"Nous avions demandé à la Commission européenne qu'elle élabore une proposition et, à la dernière minute, elle nous présente cette proposition, qui n'en est pas une", a déclaré à la presse la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, qualifiant de "plaisanterie" le mécanisme souhaité par Bruxelles.

"Ce que cette proposition va générer est à l'opposé de l'effet recherché: elle va provoquer une augmentation plus importante des prix, mettant en péril toutes les politiques de maîtrise" de l'inflation, a poursuivi la ministre, accusant la Commission de "se payer la tête du monde".

La Commission européenne a proposé mardi un mécanisme temporaire permettant de plafonner les prix de gros sur le marché gazier de référence de l'UE, mais avec des conditions très drastiques, afin de convaincre les États membres réticents vis-à-vis d'un tel dispositif.

Cette proposition est "clairement insuffisante" et "ne va pas dans la bonne direction", a protesté le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, à l'issue d'une rencontre avec son homologue roumain Nicolae Ciuca à Castellon, dans l'est de l'Espagne.

Madrid va s'opposer fortement

Selon Mme Ribera, la proposition de la Commission suscite une "forte indignation chez une majorité d'États membres". Madrid va s'"opposer fortement" à ce mécanisme lors de la réunion jeudi des ministres européens de l'Énergie, a-t-elle prévenu.

"La Commission va entendre des choses très dures de la part de la grande majorité des ministres", a-t-elle ajouté, en appelant Bruxelles à "faire une proposition sérieuse".
"Sinon, nous allons tout simplement cesser de soutenir les propositions de la Commission sur d'autres questions qui pourraient être importantes pour elle", a-t-elle mis en garde.

Le dispositif dévoilé par Bruxelles consiste à plafonner pour un an les prix des contrats mensuels sur le marché néerlandais de référence TTF. Il se mettrait automatiquement en place dès que ces prix dépasseraient 275 euros/MWh pendant deux semaines consécutives, et à condition qu'ils soient au moins supérieurs de 58 euros à un "prix mondial moyen de référence" du gaz naturel liquéfié (GNL) pendant dix jours.

Une condition jugée nécessaire pour que l'Europe reste suffisamment attractive pour les bateaux de GNL, susceptibles de trouver facilement d'autres clients en Asie. Mais les contrats mensuels n'ont dépassé 275 euros/MWh cette année que lors d'une très brève période fin août, avec un pic à environ 350 euros, quand les Vingt-Sept se faisaient concurrence pour remplir leurs réserves. Et les prix évoluent actuellement autour de 120 euros.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de la Commission a confirmé qu'au vu des conditions du mécanisme, ce dernier n'aurait pas été déclenché lors de la flambée des prix du mois d'août, où le plafond de 275 euros n'avait été dépassé que durant moins de deux semaines. Pour autant, "nous avons conçu" ce mécanisme "pour anticiper et éviter que cette situation ne survienne à l'avenir", a-t-elle précisé.


 

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