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Les eurodéputés belges ne mâchent pas leurs mots sur Mark Zuckerberg: "Je suis déçu, mais je m'y attendais"

Les eurodéputés belges ne mâchent pas leurs mots sur Mark Zuckerberg:

Guy Verhofstadt et Philippe Lamberts, les deux eurodéputés belges qui ont participé mardi en fin de journée à l'audition au parlement européen du co-fondateur et patron de Facebook, Mark Zuckerberg, se sont montrés parmi les plus acerbes à l'issue de l'audition.

Sans surprise, le format de la réunion concoctée par le président du parlement Antonio Tajani -une heure et demie à peine- a été une une nouvelle fois critiqué.

"Ce format a permis à Mark Zuckerberg d'éviter nos questions. Si les réponses écrites qui nous ont été promises ne vont pas dans le détail, les autorités européennes anti-trust doivent être activées et la législation aiguisée", a réagi l'ancien Premier ministre belge, chef du groupe libéral au parlement européen.

M. Verhofstadt n'a pas reçu de réponse par exemple à son interpellation sur la question des compensations des utilisateurs de Facebook dont les données ont été détournées, ou du transfert hors UE de données européennes de citoyens non-Européens, ni sur la manière dont des dizaines de milliers d'employés de Facebook décident de ce qui relève d'une désinformation, une tâche qui selon lui doit revenir aux autorités publiques.

"Je suis déçu, mais je m'y attendais", a confirmé pour sa part M. Lamberts, chef du groupe des Verts-ALE. Il pointe du doigt l'opportunité offerte par M. Tajani à M. Zuckerberg de fournir une réponse groupée aux questions des députés et d'ainsi "noyer le poisson" en évitant de devoir livrer des engagements datés et chiffrés.

Quant à la promesse de l'Américain de répondre à toutes les questions par écrit, "j'y croirai quand je le verrai, mais j'avais déjà fourni mes questions précises aux services de Mark Zuckerberg, et ce dernier a choisi de les ignorer superbement. Nous sommes nombreux à avoir été traités de manière cavalière, ce qui ne nous rend pas M. Zuckerberg plus sympathique".

L'écologiste souligne toutefois que les divers groupes politiques européens ont insisté sur la question du monopole, preuve d'une évolution à ce sujet dans la prise de conscience. Lui-même rejette l'utilisation des données personnelles par le privé à des fins commerciales, et doute du bien-fondé d'un contrôle de ces données par les autorités publiques.

"Ces données personnelles, il faut que personne n'y ait accès, et qu'elles ne soient plus sources de profit. Mais il ne fallait pas s'attendre à ce que Mark Zuckerberg, détenteur d'une rente de monopole, propose une réponse sur ce point. C'est maintenant au parlement de prendre cette problématique à bras le corps".

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