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Les indépendantistes gagnent les élections en Catalogne: la sécession encore loin d'être acquise...

Les indépendantistes gagnent les élections en Catalogne: la sécession encore loin d'être acquise...

Les partis indépendantistes ont remporté dimanche la majorité absolue des sièges aux élections régionales en Catalogne, un succès qu'ils présentent comme un mandat pour mener cette riche région d'Espagne vers la sécession.

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Le Parti populaire (PP, droite), au pouvoir en Espagne, a affirmé à Madrid que "la majorité des Catalans a rejeté l'indépendance". "Nous allons continuer à défendre l'unité de l'Espagne", a déclaré le porte-parole du PP, Pablo Casado. "Les Catalans leur ont tourné le dos", a lancé Ines Arrimada, tête de liste de Ciudadanos, parti libéral anti-indépendantiste. En passant de neuf à 25 sièges, Ciudadanos est devenu le second parti de Catalogne. "Ceux qui ont gagné en sièges n'ont pas gagné en voix, en conséquence, ils ont perdu le plébiscite" qu'ils se proposaient d'organiser, a dit Pedro Sanchez, le chef du Parti socialiste (opposition) qui a recueilli 16 sièges. "Il y a une majorité de Catalans qui ne veulent pas l'indépendance mais qui veulent ouvrir une époque de coexistence et de dialogue", a estimé M. Sanchez, qui propose une réforme de la Constitution accordant plus d'autonomie à la Catalogne.


Le parti au pouvoir en Espagne s'écroule en Catalogne

Depuis trois ans, M. Mas n'avait cessé d'exiger un référendum d'autodétermination semblable à celui organisé en Ecosse il y a un an, où le non l'avait emporté. Mais Madrid a toujours refusé, arguant de son inconstitutionnalité. A la faveur de la crise et de médiocres relations avec le pouvoir central, le nationalisme de nombreux Catalans fiers de leur culture a viré à l'indépendantisme.

Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, s'était impliqué personnellement dans la campagne, plaidant pour une "Espagne unie", et avertissant les Catalans qu'en cas d'indépendance unilatérale ils risquaient l'exclusion de l'Union européenne, une explosion du chômage, et l'effondrement des retraites. Malgré ses efforts, son Parti Populaire a perdu 8 sièges, tombant de 19 à 11. Les autres votes se sont portés sur une coalition de gauche radicale rassemblée autour de Podemos, nouveau parti anticapitaliste allié du grec Syriza, qui a emporté 11 sièges. Son chef Pablo Iglesias a reconnu que ce résultat était "décevant".


Une indépendance qui fait peur dans le monde entier

Si la Catalogne s'en allait, elle emporterait avec elle un cinquième du PIB de l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, et un quart de ses exportations. L'éventualité a inquiété banquiers et entrepreneurs, qui ont invité Madrid et Barcelone a reprendre le dialogue. Barack Obama, David Cameron et Angela Merkel ont également souhaité le maintien de l'unité. Quel que soit l'interprétation du résultat, ce scrutin fait entrer l'Espagne dans une zone de fortes turbulences, à trois mois des élections législatives. D'autant que le gouvernement a prévenu qu'il agirait contre tout acte "illégal" du gouvernement régional.


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