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Les Mondiaux de ski nordique ébranlés par une affaire de dopage

Les Mondiaux de ski nordique ébranlés par une affaire de dopage
Le représentant de la police autrichienne Dieter Csefan (g) en conférence de presse sur les arrestations d'athlètes du ski nordique pour une affaire de dopage, le 27 février 2019 à Innsbruck Johann GRODER
sport

Le gratin du ski nordique réuni aux Mondiaux de Seefeld, en Autriche, se retrouve dans la tourmente d'une nouvelle affaire de dopage après l'arrestation mercredi de cinq athlètes et le démantèlement d'un réseau criminel présumé orchestré par un médecin allemand.

Sous le nom de code éloquent d'opération "Aderlass" ("saignée", en allemand), la police autrichienne a mené dans la matinée un vaste coup de filet sur le site des championnats du monde de ski nordique qui se déroulent depuis le 20 février dans le Tyrol autrichien.

Parallèlement aux perquisitions menées à Seefeld, une opération de la police allemande s'est déroulée à Erfurt, dans la province de Thuringe (centre), plaque tournante, selon les autorités, d'un "réseau international de dopage sanguin" actif depuis plusieurs années.

C'est à Erfurt qu'a été arrêté, avec un complice, l'homme suspecté d'animer le réseau: un médecin de 40 ans présenté sous le nom de Mark. S. qui disposait d'un laboratoire clandestin.

Sur les neuf interpellations mercredi, cinq concernent des sportifs engagés aux Mondiaux qui se déroulent jusqu'à dimanche: il s'agit de deux Autrichiens, Dominik Baldauf et Max Hauke, 27 ans tous les deux, deux Estoniens et un Kazakh.

- Pris sur le fait -

Qualifié par la police de "groupe criminel", le réseau mis en cause "est fortement suspecté d'avoir utilisé le dopage sanguin sur des athlètes d'élite pendant des années pour améliorer leurs performances lors de compétitions nationales et internationales".

L'un des skieurs interpellés a été "pris sur le fait", en pleine "transfusion sanguine dans le bras", a précisé Dieter Csefan, de l'office fédéral autrichien de police criminelle, lors d'une conférence de presse.

L'Agence mondiale antidopage (AMA), qui a confirmé être en "contact étroit" avec les autorités allemandes et autrichiennes, a indiqué que "ces raids s'inscrivaient dans le cadre d'une opération de police plus vaste ciblant les criminels d'un certain nombre de pays européens".

Le directeur des équipes de fond et de biathlon à la fédération de ski autrichienne (ÖSV), Markus Gandler, a confié à la télévision publique être "sous le choc".

"Il s'avère qu'à plusieurs reprises, des athlètes ont été pris en train de se livrer à des pratiques illicites ou de dopage. Malheureusement, deux de nos athlètes sont concernés", a déclaré M. Gandler, précisant que les deux Autrichiens se trouvaient "en détention".

"Ce sont des adultes, on peut pas être tout le temps derrière eux", a-t-il commenté.

Le cadre fédéral a reconnu que cet épisode réveillait de mauvais souvenirs, 13 ans après l'affaire de dopage qui avait secoué le ski nordique autrichien aux Jeux olympiques de Turin.

Lors des JO de 2006, la police italienne avait saisi du matériel de transfusion dans le chalet des biathlètes et des skieurs de fond autrichiens. Six athlètes avaient été radiés à vie mais aussi plus de dix responsables de l'encadrement des deux équipes, dont le directeur sportif d'alors, Markus Gandler.

Ce dernier avait été blanchi en 2009 et réintégré, aux côtés d'autres cadres fédéraux. Ce scandale, dans l'une des disciplines phares du sport autrichien, avait durablement marqué le pays, conduisant à un renforcement de la législation antidopage.

- 120 policiers mobilisés -

L'opération de mercredi, qui a mobilisé quelque 120 policiers, a été déclenchée par la récente confession dans les médias allemands du fondeur autrichien Johannes Dürr, qui avait été suspendu pour dopage à l'EPO lors des JO de Sotchi en 2014, a précisé le parquet de Munich.

Quelques semaines avant les Mondiaux de Seefeld, cet ancien espoir du ski, en conflit avec la fédération autrichienne, avait décrit dans les détails des pratiques de dopage sanguin au sein de son ancienne équipe.

Ces mises en cause s'ajoutent à une liste d'autres affaires embarrassantes pour les disciplines nordiques: la Fédération internationale de biathlon (IBU), basée à Salzbourg, est ainsi accusée d'avoir touché plusieurs centaines de milliers d'euros de pots-de-vin pour protéger les intérêts russes et cacher des cas de dopage de sportifs russes. Le parquet financier autrichien a ouvert une enquête sur ces soupçons. Dans son communiqué, l'AMA a d'ailleurs fait le lien entre cette affaire et l'opération de mercredi.

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