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Les prisonniers susceptibles d'être échangés par Kiev et Moscou

Les prisonniers susceptibles d'être échangés par Kiev et Moscou
Un homme se signe devant le portrait du cinéaste Oleg Sentsov dans le centre de Kiev, le 16 novembre 2018Sergei SUPINSKY
Russie

La Russie et l'Ukraine, à couteaux tirés depuis plus de cinq ans, détiennent des dizaines de prisonniers susceptibles de faire l'objet d'un prochain échange massif discuté entre les deux pays.

Voici les prisonniers les plus connus détenus dans les deux camps:

- Le cinéaste Sentsov -

Le cinéaste Oleg Sentsov est le plus connu des prisonniers ukrainiens en Russie. Il est condamné en 2015 à 20 ans de camp pour "terrorisme" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par l'ONG Amnesty International.

Opposant à l'annexion de la Crimée par Moscou, M. Sentsov, 43 ans, a passé 145 jours en grève de la faim dans une prison du Grand Nord pour exiger la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens. Malgré ses graves problèmes de santé et les nombreuses marques de soutiens dans le monde, il n'est jamais parvenu à faire plier le Kremlin.

Son co-accusé, Oleksandre Koltchenko, pourrait également faire l'objet d'un échange.

- Le journaliste Vychynsky -

Responsable en Ukraine de l'agence de presse russe Ria Novosti, le journaliste russo-ukrainien Kyrylo Vychynsky, 52 ans, a été arrêté en 2018 à Kiev et inculpé pour "haute trahison" au profit de Moscou.

Son arrestation a été maintes fois dénoncée par Moscou et notamment par le président russe Vladimir Poutine. Après plus d'un an passé en détention, il a été remis mercredi en liberté conditionnelle par la justice ukrainienne.

- Les 24 marins ukrainiens -

Vingt-quatre militaires ukrainiens ont été capturés en novembre dernier par les garde-côtes russes au large de la Crimée après un incident naval au cours duquel leurs navires avaient été arraisonnés.

La Russie, qui a dénoncé une "agression", estime qu'ils sont entrés illégalement dans ses eaux territoriales, tandis que l'Ukraine assure avoir prévenu son voisin de l'itinéraire de ses bâtiments qui se dirigeaient vers la mer d'Azov, partagée entre les deux pays.

- Klykh et Karpiouk -

Stanislav Klykh, 45 ans, est professeur d'histoire, et Mykola Karpiouk 55 ans, est un haut responsable de deux mouvements ultranationalistes ukrainiens. Arrêtés en 2014 en Russie, ils ont été lourdement condamnés pour avoir combattu contre l'armée russe en Tchétchénie dans les années 1990.

Les deux hommes ont déclaré avoir reconnu leur culpabilité après avoir été soumis à la torture.

- Le blogueur Gryb -

Pavlo Gryb, blogueur de 21 ans, est le plus jeune prisonnier ukrainien. Il a été "enlevé", selon Kiev, par les services spéciaux russes en 2017 au Bélarus, où il s'était rendu pour rencontrer une amie.

Il a été condamné à six ans de camp en Russie après avoir été reconnu coupable d'avoir préparé une tentative d'attentat à la bombe.

- Le correspondant Souchtchenko -

Roman Souchtchenko, 50 ans, était correspondant à Paris de l'agence de presse publique ukrainienne Ukrinform.

Interpellé lors de vacances à Moscou, il a été condamné en 2018 à 12 ans de camp pour espionnage, reconnu coupable d'avoir recueilli des informations sur les forces armées et la Garde nationale russes.

- Les déserteurs de Crimée -

Maxime Odintsov et Alexandre Baranov étaient militaires ukrainiens avant de déserter pour rejoindre l'armée russe lors de l'annexion de la Crimée en 2014. Arrêtés en novembre 2016 à la frontière avec l'Ukraine, ils ont été condamnés à Kiev à respectivement 14 ans et 13 ans de prison.

Ancien officier de la police antiémeutes ukrainienne, Alexandre Sattarov est pour sa part détenu par Kiev pour avoir participé à l'annexion de la Crimée côté prorusse.

- Des séparatistes? -

Si la plupart des Ukrainiens détenus par la Russie et en mesure d'être échangés sont connus, seuls quelques noms de prisonniers pouvant être rendus à Moscou ont été rendus publics.

L'ancien Procureur général ukrainien Iouri Loutsenko a toutefois assuré que l'Ukraine détenait "2.000 personnes accusées de terrorisme", c'est-à-dire d'activités pro-Russie.

Il est peu probable que des combattants pro-russes détenus par Kiev fassent partie de l'accord avec Moscou, ce genre d'échange se faisant en général directement avec les autorités séparatistes.

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