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Les ressortissants européens ont fortement contribué au boom démographique à Bruxelles

(Belga) Plus de 55% de la croissance de la population bruxelloise observée entre 2000 et 2018 est le fait d'étrangers issus de l'Union européenne, en grande partie des nouveaux Etats-membres. On assiste toutefois, depuis 2016, à une stabilisation du nombre de ressortissants européens dans la capitale de la Belgique et de l'Union, ressort-il d'une analyse des données portant sur leur présence, comme résidents, dans la Région-capitale publiée lundi dans le N°138 de la revue électronique Brussels Studies. Le travail a été réalisé par Charlotte Casier, géographe à l'Université libre de Bruxelles.

Il en ressort notamment que les ressortissants de l'Union européenne (hors Belges) représentaient l'an dernier 275.000 personnes en Région de Bruxelles-Capitale, soit 23% des 1,2 million d'habitants qui y sont officiellement domiciliés. Selon la géographe, qui se fonde sur les données du Registre national et de l'Institut Bruxellois de la Statistique et de l'Analyse, plus de 55% de la croissance de la population bruxelloise- le nombre d'habitants est passé de 960.000 à 1.200.000 entre 2000 et 2018 - est le fait d'étrangers issus de l'Union européenne. Il a ainsi presque doublé, croissant de 145.000 à 275.000. La part de ces ressortissants européens dans la population de la capitale a évolué de 15% à 23%. Mis à part les Grecs et les Britanniques, les différents groupes nationaux sont tous caractérisés par une augmentation de leurs effectifs, les nouveaux Etats membres (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie, Hongrie, Malte, Chypre, Roumanie, Bulgarie et Croatie) croissant de manière encore plus importante que les autres. La pyramide des âges des ressortissants européens à Bruxelles présente par ailleurs une structure caractéristique des populations de jeunes adultes, ce qui influence celle de l'ensemble de la Région: les Européens entre 25 et 54 ans sont surreprésentés, tandis que les autres classes d'âges sont sous-représentées. C'est aussi une population assez équilibrée en termes de répartition hommes-femmes, mais cela varie selon les nationalités. Par exemple, les Bruxellois issus des nouveaux états membres sont globalement jeunes et majoritairement des femmes. La féminisation de ces nationalités serait, selon l'auteure, liée à une importante émigration de jeunes femmes qualifiées. Toutefois, cette féminisation est contrebalancée par l'augmentation marquée de la proportion d'hommes parmi les Polonais, les Bulgares et surtout les Roumains, bien plus nombreux. Les ressortissants de ces nationalités s'insèrent majoritairement via deux secteurs peu qualifiés: le nettoyage pour les femmes et la construction pour les hommes. De façon générale, les ressortissants européens se répartissent dans la ville selon une logique concentrique et par secteur. Ils sont plus nombreux dans le centre et la première couronne urbaine de Bruxelles. Leur part dans la population est en outre particulièrement importante dans l'Est et le Sud-Est de la ville. Elle peut monter jusqu'à 40% de la population dans les quartiers à l'Est du Pentagone entre l'avenue Louise et le Square Ambiorix. Le Sud de la Région est lui l'espace de prédilection des Français tandis que les Polonais, Roumains et Bulgares résident davantage dans des quartiers de l'Ouest de Bruxelles. (Belga)

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