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Les voix du Brexit, ou comment des citoyens ordinaires vivent la décision britannique

Les voix du Brexit, ou comment des citoyens ordinaires vivent la décision britannique
De haut en bas: David Rooney, Lucy Harris, Laurent Faure, Robyn Ada McKay, Richard Stone, William Lynch, Matt Davies, Emily Macintosh, Andrew Ketley, Gosia Prochal, Pip Simpson, Gabriela Szomoru, DimCHRISTOPHE ARCHAMBAULT, Daniel LEAL-OLIVAS, JUSTIN TALLIS, ANDY BUCHANAN, PAUL FAITH, JAVIER SORIANO, JOHN THYS, THOMAS KIENZLE, BEN STANSALL, Oli SCARFF, JANEK SKARZYNSKI

Ils sont agriculteur ou musicien, entrepreneur ou étudiant. L'AFP a interrogé 15 personnes en Europe dont la vie ou la carrière professionnelle est déjà bouleversée par la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne le 29 mars 2019.

Les Britanniques au Royaume-Uni

Pip Simpson, un fermier de 51 ans installé à Troutbeck, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

"Depuis que les négociations sur le retrait britannique ont commencé, j'ai l'impression que les Européens les ont rendues aussi compliquées que possible, afin que les autres pays n'envisagent pas cette option facilement".

Robyn Ada McKay, 20 ans, étudie la cornemuse au Conservatoire Royal de Glasgow, en Écosse.

"En tant qu'étudiante et musicienne, je vois le Brexit comme une barrière qui limitera les opportunités de voyager en Europe, de jouer dans des festivals, de prendre part à des ateliers ou d'étudier à l'étranger".

Lucy Harris, 27 ans, travaille dans l'édition à Londres et anime un réseau pro-Brexit:

"Il y a des réactions violentes contre les partisans du Brexit, on nous attribue des stéréotypes, comme quoi nous sommes racistes, sectaires, xénophobes, ce n'est pas le cas".

Richard Stone, 44 ans, directeur d'une société d'investissement à la bourse de Londres:

"Il est aussi important de conclure un accord avec l'UE, et assez rapidement, de manière a donner de la visibilité aux entreprises (...). Je reste optimiste, nous aurons un accord mais c'est vraiment un processus pénible".

William Lynch, 63 ans, ostréiculteur installé près de Londonderry, en Irlande du Nord:

"Une frontière physique avec l'Irlande, pour moi qui ai une entreprise en Irlande du Nord, c'est inconcevable. Je serais taxé pour pouvoir exporter mes huîtres. Je vais tenter ma chance, fermer mon entreprise et en ouvrir une autre en Irlande".

Les Européens installés au Royaume-Uni

Gosia Prochal, 25 ans, journaliste polonaise pour Radio Star, à Perterborough, dans l'est de l'Angleterre:

"Depuis le Brexit, nous avons beaucoup plus de travail parce que notre mission, c'est d'informer les gens, de leur donner des informations fiables. On reçoit beaucoup d'appels, de messages à propos du Brexit. Depuis le référendum, les gens sont dans l'incertitude".

Gabriel Szomoru, une Roumaine de 32 ans comptable dans une exploitation agricole du Kent, au sud-est de l'Angleterre:

"Je me sens chez moi ici. J'ai étudié la comptabilité, j'ai coché toutes les cases concernant les diplômes et les certificats pour montrer que je suis une bonne citoyenne et que je mérite d'habiter ici".

Dimitri Scarlato, 40 ans, compositeur et chef d'orchestre italien qui enseigne au Royal College of Music de Londres:

"Le Brexit a changé la perception que j'avais de ma vie ici. (...) Le seul bon point dans cette histoire, c'est que ça m'a vraiment donné le sentiment d'être européen".

Nuria Orduna, 30 ans, designer originaire de Barcelone, qui habite à Edimbourg:

"Si je dois partir, j’emmènerai avec moi mes connaissances dans un autre pays où je contribuerai à la société. Ça représentera certainement une perte pour le Royaume-Uni de voir partir tous ces immigrés, et je pense que ce ne sera pas bénéfique pour nous non plus".

Laurent Faure, 50 ans, patron du bistrot "Le Vieux Comptoir" à Londres:

"Nous perdons entre 15 et 20% de notre marge. Si le chiffre d'affaires réalisé ne permet pas de couvrir les charges, il faudra arrêter. (...) Il faudra envisager de faire différemment, et le cas échéant de quitter l'Angleterre".

Les Britanniques installés en Europe

David Roney, 37 ans, propriétaire du My Woodie, un bar à cocktails à Paris:

"Le Brexit, ça devait arriver. L’Angleterre a toujours eu une mauvaise relation avec l'Europe, elle n'en fait pas vraiment partie. (...) Je suis prêt à retourner au Royaume-Uni s'il le faut".

Andrew Ketley, 41 ans, informaticien qui a emménagé à Munich en février 2017:

"Le référendum nous a amenés à quitter le Royaume-Uni. Nous n'avions pas envie de vivre dans un pays qui se déchirait sur la question, qui allait s'appauvrir et se montrer de plus en plus inhospitalier".

Matt Davis, 32 ans, habite depuis 2014 à Madrid où il travaille dans un centre d'appel:

"Autour de moi, d'autres personnes de mon âge commencent à s'installer, à faire des plans à plus ou moins long terme, mais c'est vraiment difficile en ce qui me concerne de planifier quoi que ce soit au-delà de mars 2019, parce que je n'ai aucune idée de ce qui va arriver".

Barnaby Harward, 44 ans, traducteur dans un cabinet d'avocats international, habite à Varsovie depuis 2005:

"J'ai décidé de solliciter la nationalité polonaise l'an dernier. (...) Finalement, l'aspect positif du Brexit, c'est que ça m'a aidé à prendre une décision, et à rester ici. Toute cette histoire m'a découragé. J'ai l'impression que mon pays n'est plus ce qu'il était".

Emily Macintosh, 30 ans, travaille pour le service communication du Bureau européen de l'environnement, à Bruxelles:

"Sur le plan personnel, le Brexit m'a poussée à demander la nationalité belge. Je veux rester une citoyenne de l'UE, je veux conserver les mêmes droits que ceux que j'avais avant le Brexit".

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