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Macédoine du Nord: élections anticipées mi-avril après la rebuffade de l'UE

Macédoine du Nord: élections anticipées mi-avril après la rebuffade de l'UE

(Belga) Le Premier ministre de Macédoine du Nord, Zoran Zaev, a annoncé dimanche la tenue d'élections anticipées mi-avril, après le refus de l'Union européenne d'ouvrir des négociations d'adhésion, projet au coeur de sa politique.

"Nous sommes parvenus à un consensus pour des élections le 12 avril 2020", a déclaré M. Zaev, après une rencontre avec les principaux leaders politiques du pays et le président Stevo Pendarovski. Les dirigeants européens réunis vendredi en sommet à Bruxelles ont constaté un blocage sur l'ouverture des négociations d'adhésion de l'UE avec la Macédoine du Nord et l'Albanie par certains Etats membres. La France en tête, entourée des Pays-Bas et du Danemark, a refusé l'ouverture de ces négociations, qui requièrent l'unanimité. Le processus est donc gelé au moins jusqu'au printemps. M. Zaev a dénoncé samedi "une erreur historique de l'UE" et appelé dans la foulée à "l'organisation rapide d'élections par lesquelles vous, les citoyens, déciderez de la route que nous allons emprunter". Lors de la réunion de dimanche, il a été décidé que M. Zaev démissionnerait le 3 janvier 2020 et qu'un gouvernement technique serait alors nommé. Selon la loi, le Premier ministre doit démissionner 100 jours avec le scrutin et un gouvernement technique, rassemblant coalition majoritaire et opposition, doit être approuvé par le Parlement. Après la réunion, M. Zaev a assuré à la presse que "le point de vue unanime de toutes les parties est que l'intégration euro-atlantique est notre objectif (...) et que cette aspiration demeurera". Le blocage au sein de l'UE a provoqué une vague de déception et de colère, non seulement en Macédoine du Nord et en Albanie, mais aussi parmi nombre de dirigeants d'autres pays européens et de hauts responsables de l'UE, favorables à ces négociations. Zoran Zaev, social-démocrate, était arrivé au pouvoir en 2017, en chassant le parti de droite de son prédécesseur Nikola Gruevski, qui s'y était maintenu pendant une décennie avant de chuter, cerné par des affaires de corruption, d'abus de pouvoir et d'écoutes illégales, et de fuir à l'étranger. Depuis, M. Zaev a investi tout son capital politique dans le fait de mettre la Macédoine du Nord sur les rails de l'adhésion à l'UE. (Belga)

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