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Madrid veut faire annuler un syndicat de "travailleurs du sexe" à peine autorisé

(Belga) Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé jeudi qu'il voulait faire annuler la création dans le pays d'un syndicat des "travailleurs du sexe" qui avait pourtant reçu début août le feu vert de l'administration.

L'affaire a fait réagir jusqu'à Pedro Sanchez, actuellement en Colombie dans le cadre de sa tournée en Amérique latine. "L'enregistrement effectué devant la Direction générale du Travail du Ministère était un simple acte administratif qui ne contenait pas d'erreurs de forme mais de fond. Ce gouvernement est un gouvernement féministe, partisan de l'abolition de la prostitution", a déclaré le chef du gouvernement sur son compte Twitter. Le ministère du Travail a annoncé avoir "commencé les démarches" pour faire annuler la création de ce syndicat baptisé "Organisation des Travailleurs du sexe" (OTRAS). "La prostitution n'est pas légale en Espagne et ce gouvernement ne peut pas admettre que l'on puisse la légitimer en se cachant derrière le subterfuge d'un +syndicat+ des travailleurs du sexe", a ajouté le ministère. La création de ce syndicat, autorisée par une résolution de la Direction Générale du Travail de ce même ministère, avait pourtant été publiée dans le Journal officiel espagnol du 4 août, au lendemain du départ en vacances de l'exécutif. Mais cette information n'a fait les titres de la presse espagnole que jeudi, causant une forte contrariété au sein de l'exécutif le plus féminin que l'Espagne ait jamais connu, qui a fait de l'égalité entre les sexes l'une de ses grandes priorités. "Comme ministre et comme membre d'un gouvernement féministe, je n'aurais jamais donné mon accord à la publication dans le Journal Officiel", a déclaré à la presse la ministre du Travail, Magdalena Valerio. "Ils m'ont mis un but en pleine lucarne et ça, quand tu es en politique et que tu tentes d'être responsable de ce que tu as entre les mains, c'est très dur", a ajouté Mme Valerio, qui a reconnu avoir vécu la "plus grande contrariété (...) de (sa) vie professionnelle et politique". En Europe, la prostitution est légale notamment aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche et en Allemagne. En Espagne, elle n'est ni légale ni illégale, simplement tolérée, et les très nombreuses maisons closes sont autorisées. (Belga)

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