Malgré la lacrymo, le Kosovo ratifie sa frontière avec le Monténégro

(Belga) Le Parlement kosovar a ratifié mercredi une nouvelle délimitation de sa frontière avec le Monténégro, malgré des jets répétés de gaz lacrymogène par l'opposition de gauche nationaliste.

Ce n'est qu'à la cinquième tentative, en début de soirée, que les élus ont procédé au vote, puisque la séance avait dû être interrompue quatre fois auparavant, malgré la fouille par des policiers des rangs occupés par le parti Vetevendosje ("Autodétermination", gauche nationaliste). Sept députés de cette formation ont été arrêtés pour ces incidents à répétition, selon la police. La ratification a obtenu le soutien de 80 des 120 députés kosovars, soit juste la majorité requise des deux tiers. Des députés d'opposition, notamment de Vetevendosje, avaient déjà utilisé des gaz lacrymogènes au Parlement à d'autres occasions en 2015 et 2016: pour empêcher l'élection du président Hashim Thaçi, pour s'opposer à des accords avec la Serbie ou déjà pour faire barrage à la ratification de l'accord avec le Monténégro. Pristina et Podgorica avaient conclu ce traité en 2015 pour fixer leur frontière qui fut interne à l'ex-Yougoslavie. Les opposants à cet accord affirment que le Kosovo doit renoncer à 8.000 hectares de pins, de ruisseaux et de pâturages de montagne. L'Union européenne avait fait de cette ratification un passage obligé pour accorder une libéralisation des visas aux citoyens kosovars, une attente forte pour une grande partie des 1,8 million d'habitants. "La balle est désormais dans le camp de la commission européenne" afin de permettre "aux enfants kosovars de briser les chaînes de décennies d'isolement", a réagi le président Hashim Thaçi sur son compte Twitter. "C'est un des sujets les plus importants pour le pays. Voter pour (la ratification) ne met pas en danger le territoire du Kosovo", avait dit mardi devant les députés le Premier ministre Ramush Haradinaj qui, avant son arrivée au pouvoir, s'opposait à ce traité. Le Parlement monténégrin l'a ratifié dès décembre 2015, mais au Kosovo les gouvernements successifs n'étaient jusqu'à présent jamais parvenus à réunir une majorité. Les incidents ont été condamnés par la représentante de l'Union européenne au Kosovo, la Bulgare Nataliya Apostolova. Sur son compte Twitter, elle s'est dite "atterrée", "choquée qu'en Europe, des parlementaires puissent recourir à de telles tactiques dangereuses". (Belga)

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