Manifestation d'agriculteurs et distribution de tomates près de Saint-Brieuc

Manifestation d'agriculteurs et distribution de tomates près de Saint-Brieuc
Selon Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d'Armor, "les importations de tomates explosent"REMY GABALDA

Plusieurs dizaines d'agriculteurs ont organisé un barrage filtrant jeudi peu avant midi sur la RN 12, près de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor), selon les organisateurs, pour protester contre la "situation financière dégradée" des exploitations et les distorsions de concurrence au sein de l'Europe.

Réunis à l'appel de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et des JA (Jeunes Agriculteurs), les manifestants avaient l'intention de distribuer aux automobilistes cinq tonnes de tomates provenant de la région de Paimpol (Côtes d'Armor).

"Les tomates sont achetées aux producteurs 25 centimes le kilo alors que le prix de revient est de 90 centimes/kilo", a expliqué à l'AFP Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d'Armor. "Les importations de tomates explosent", a-t-il dit, pointant l'Espagne avec laquelle la concurrence est faussée, estime-t-il, car la production s'y fait, selon lui, dans des conditions sociales dégradées.

Plus globalement, les agriculteurs s'inquiètent de la dégradation financière de la comptabilité des exploitations dans toutes les filières de production de la région, et du risque conséquent de perte d'emplois.

"En porc, le cours n'a pas atteint le prix de revient depuis le début de l'année; en lait, on arrive tout juste à l'équilibre (du prix de revient) mais sans pouvoir se verser de revenu. C'est dramatique en termes de trésorerie. Il faut absolument que ça bouge", a estimé le président du syndicat agricole. "Beaucoup d'éleveurs parlent d'arrêter (...) On est en train de perdre en termes de volumes de production", a-t-il constaté.

"On nous a amusés pendant un an" avec les Etats généraux de l'alimentation (EGA) et "il n'y a même pas un simulacre de résultat (...) Tous les industriels et les grandes surfaces ont signé une charte d'engagement en décembre dernier mais on a l'impression que tout ça, ce ne sont que des mots", a déploré M. Lucas.

En milieu de journée, un bouchon de plusieurs kilomètres s'était créé sur cette route nationale très fréquentée, selon la direction interdépartementale des routes Ouest.

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