Migrants: "les menaces ne mènent nulle part", répond l'UE

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Le bateau des gardes-côtes italiens "Diciotti" est coincé dans le port de Catane en Sicile, le 23 août 2018Giovanni ISOLINO
Italie

La Commission européenne a estimé vendredi que les menaces ne menaient "nulle part", en réponse à l'ultimatum du vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio sur la répartition de migrants bloqués dans un port sicilien.

"En Europe, les menaces ne servent à rien et ne mènent nulle part", a réagi un porte-parole, Alexander Winterstein, lors d'un point presse quotidien de l'exécutif européen.

"Les commentaires peu constructifs n'aident pas et ne nous rapprochent pas d'une solution", a-t-il aussi souligné.

Le porte-parole a refusé de commenter directement les menaces de M. Di Maio, préférant répondre par des observations "de nature générale".

"Comme nous l'avons expliqué ces derniers jours, la Commission a travaillé et continue de travailler intensivement pour résoudre la situation", a-t-il ajouté.

"Donc trouver une solution pour les personnes à bord est notre priorité première, c'est ce sur quoi nous nous concentrons et c'est aussi, pensons-nous, ce sur quoi tout le monde devrait se concentrer", a encore déclaré M. Winterstein.

Luigi Di Maio, qui est aussi le chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), a donné jusqu'à ce vendredi à l'UE pour trouver une solution sur la répartition vers d'autres Etats membres d'environ 170 migrants actuellement bloqués au port de Catane (Sicile) sur la navire Diciotti.

Il a menacé de refuser de payer la contribution annuelle de "20 milliards d'euros" de l'Italie au budget de l'UE.

Vendredi, la Commission a réuni des hauts fonctionnaires de 12 Etats membres pour évoquer, dans un format informel, la question migratoire et évoquer les solutions à long terme.

Elle a par ailleurs accepté de coordonner les efforts pour trouver une solution à l'accueil de migrants bloqués sur des navires à plusieurs reprises, tout en insistant qu'il revenait aux Etats membres de prendre des engagements.

Jamais un Etat membre n'a refusé de payer sa contribution, obligation inscrite dans les traités de l'UE, a noté Alexandre Winterstein.

Selon les chiffres de la Commission européenne, en 2016 l'Italie a contribué au budget à hauteur de près de 14 milliards d'euros, et reçu 11,6 milliards au travers de différents programmes européens. En 2017, les fonds reçus par l'Italie se montaient à 10 milliards, car les chiffres évoluent chaque année.

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