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Nouveau roman de l'Espagnol Eduardo Mendoza sur sa vision des années 70

Nouveau roman de l'Espagnol Eduardo Mendoza sur sa vision des années 70
L'écrivain espagnol Eduardo Mendoza pose avec son nouveau livre "El rey recibe" (traduit littéralement par "Le roi reçoit"), à Barcelone le 4 septembre 2018.LLUIS GENE

L'écrivain espagnol Eduardo Mendoza a présenté mardi son nouveau roman "El rey recibe" ("Le roi reçoit"), une relecture singulière des années 1970, née de sa volonté de faire quelque-chose de ce "triste privilège de l'âge" qu'est la mémoire.

C'est le 16e roman de cet auteur barcelonais, candidat régulier au prix Nobel de littérature et lauréat du prix Cervantes en 2016, prestigieux prix littéraire espagnol qui récompense un auteur pour l'ensemble de son oeuvre.

A 75 ans, cet écrivain à la plume narquoise a ressenti la nécessité de coucher sur le papier ses expériences personnelles, pas sous la forme de mémoires classiques - car "je me serais ennuyé moi-même" - mais sous la forme d'une trilogie qui embarque le lecteur dans la seconde moitié du XXe siècle grâce à un journaliste débutant.

"Ce ne sont pas des mémoires déguisées, c'est un roman. Même s'il est vrai qu'il part d'une idée qui aurait pu donner lieu à l'écriture de mémoires, puisqu'elle découle de ce que j'ai vécu", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Barcelone.

La première tâche de son personnage, Rufo Batalla, un jeune journaliste, est de couvrir le mariage d'un prince en exil avec lequel il se lie d'amitié et qui le charge d'écrire des chroniques sur sa vie.

Cela va permettre au personnage et à sa plume de quitter la "décadente Barcelone" à la fin du franquisme, pour rejoindre "l'immense New York", où Mendoza a lui-même vécu dans les années 1970.

Même si Rufo Batalla "n'est pas (son) alter ego", il permet à Mendoza de raconter comment il a vécu les moments historiques de son époque: le déclin de la dictature de Franco en Espagne (1939-1975), l'apparition des mouvements LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) et féministes, la guerre du Vietnam, le Watergate, qui lui avait paru à l'époque être "une absurdité".

"Une époque de changement, deux villes qui évoluent, la voix incomparable d'Eduardo Mendoza et son regard ironique sur la société constituent le cadre de ce roman", a indiqué son éditrice, Elena Ramírez, de la maison d'édition barcelonaise Seix Barral.

La trilogie se déroulera de manière chronologique jusqu'au début des années 2000 : "Il faut s'arrêter quand le passé arrête d'être le passé pour devenir avant-hier", a affirmé Mendoza.

L'auteur de "La Vérité sur l'affaire Salvolta" et de "Sans nouvelles de Gurb" a annoncé qu'il était d'ores et déjà en train d'écrire le deuxième tome. "A un certain âge, il faut se dépêcher."

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