Novitchok: la veille de son hospitalisation, le couple était à Salisbury

Novitchok: la veille de son hospitalisation, le couple était à Salisbury
Un cordon de sécurité le 5 juillet 2018 devant l'entrée d'une maison à Amesbury, où un couple a été hospitalisé dans un état critique après avoir été exposé à l'agent innervant Novitchok déjà utiliséChris J Ratcliffe
Russie

La veille de leur hospitalisation dans un état critique, les deux Britanniques exposés à l'agent innervant Novitchok ont passé la journée à Salisbury, où avaient été empoisonnés les Skripal il y a quatre mois, a raconté à l'AFP un de leurs amis.

"On a tous passé la journée à Salisbury, on s'est rendu dans différents magasins et au parc Elizabeth Gardens pour prendre un verre, c'était une belle journée d'été", a retracé Sam Hobson, 29 ans. Ensuite, ses amis, qu'il a identifiés comme étant Charlie Rowley et Dawn Sturgess, "sont partis pour discuter".

Samedi matin, les secours ont été appelés vers 10H15 pour une femme qui avait perdu connaissance à Muggleton Road, à Amesbury, où habite Charlie Rowley.

Arrivé chez son ami dans la matinée, Sam Hobson a vu "de nombreuses ambulances", des secouristes en tenue de protection et des pompiers. Charlie Rowley lui a dit que Dawn Sturgess s'était plainte de maux de tête puis s'était effondrée, avec "de la mousse sortant de sa bouche". "Il a appelé l'ambulance parce qu'elle avait arrêté de respirer".

Après le départ des secours, Sam Hobson et Charlie Rowley se sont rendus dans une pharmacie Boots, où Charlie Rowley voulait retirer des médicaments. Ils se sont ensuite arrêtés dans un centre baptiste pour prendre quelque chose à manger.

Ils sont ensuite revenus à Muggleton Road, où Charlie Rowley a commencé à rassembler les affaires de sa compagne pour se rendre à l'hôpital, avant de se sentir mal. "Il a commencé à avoir très chaud et à transpirer, il est allé prendre une douche, est resté un peu dans sa chambre et quand il est sorti, il était bizarre", a raconté son ami. "Il se balançait d'avant en arrière", "ses yeux étaient rouges", "il était dans un autre monde, il hallucinait".

"Je ne l'ai jamais vu comme ça", a témoigné Sam Hobson qui a appelé une ambulance, "paniqué". Les secours ont été prévenus vers 15H30, a expliqué la police.

Les enquêteurs ont d'abord présumé que les patients s'étaient drogués avec une substance potentiellement contaminée.

Charlie Rowley "consomme de la drogue mais elle non, et elle n'aime pas qu'il en prenne donc il essaye d'arrêter", a affirmé Sam Hobson. Il pense qu'ils "ont dû toucher quelque chose (à Salisbury) et avoir été contaminés".

Lundi, "en raison des symptômes" des malades, des échantillons prélevés sur les deux patients ont été envoyés au laboratoire militaire de Porton Down, a expliqué le chef de l'antiterrorisme, Neil Basu.

Mercredi soir, il a annoncé que le couple avait été victime de l'agent Novitchok, "le même agent innervant que celui qui a empoisonné Ioulia et Sergueï Skripal", un produit conçu en Union soviétique que Londres avait accusé Moscou d'avoir utilisé en mars contre son ex-espion réfugié en Grande-Bretagne et sa fille.

Cinq endroits ont été entourés d'un cordon policier, deux à Salisbury: le parc Queen Elizabeth Gardens et une poubelle devant le foyer pour sans abri John Baker House, et trois à Amesbury: le centre baptiste, la pharmacie Boots, et le logement où ont été retrouvées les deux victimes, à Muggleton Road.

Plus de cent détectives des services antiterroristes ont été déployés, s'ajoutant à la police locale. Selon le dernier communiqué de la police, "personne d'autre n'a ressenti de symptômes" semblables à ceux du couple et le risque pour le public est "faible".

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