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Pologne: le Sénat rejette un projet de référendum pour une nouvelle Constitution

(Belga) Le Sénat polonais dominé par les conservateurs a rejeté mercredi un projet de référendum pour une nouvelle loi fondamentale promu par le président Andrzej Duda, dans un vote qui reflète des tensions au sein du parti au pouvoir.

Seulement 10 sénateurs ont soutenu l'idée présidentielle de ce "référendum consultatif", face à 30 voix d'opposition et 52 abstentions. Proche du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, le président voulait poser aux Polonais 10 questions portant notamment sur l'inscription dans une éventuelle nouvelle Constitution de "l'appartenance de la Pologne à l'UE et à l'Otan", des références "aux racines chrétiennes de l'Etat, de la culture et de l'identité du peuple polonais", ainsi qu'une mention sur la supériorité de la législation locale sur celle de l'UE. Selon des analystes à Varsovie, le rejet massif par le Sénat de l'initiative personnelle de M. Duda était destiné à lui adresser un signal clair qu'il ne comptait pas parmi les vrais leaders du parti. "Il s'agit de lui rappeler sa place: qu'il est candidat du PiS, qui dépend du parti, et non pas un leader du PiS qui puisse décider des questions politiques", a souligné Anna Materna Sosnowska, analyste politique à l'Université de Varsovie. "Ceci pour dire au président qu'il n'a aucune chance de former son propre camp politique", a-t-elle ajouté. Publiquement, les responsables de PiS ont évoqué la difficulté d'organiser un référendum le jour du 100e anniversaire de la Pologne, le 11 novembre, ainsi que "le coût élevé" de la consultation. M. Duda a été porté à la présidence en 2015 grâce au soutien du PiS, après avoir occupé divers postes de responsabilité au sein de l'administration de l'Etat, mais sans influence politique substantielle. Le PiS est contrôlé par le chef du parti, Jaroslaw Kaczynski, largement considéré comme le vrai dirigeant de la Pologne, même si formellement il n'est qu'un simple député. M. Kaczynski a récemment déclaré que le PiS soutiendrait à nouveau Duda en 2020. Arrivé au pouvoir en Pologne en 2015, le parti conservateur porte un regard très critique sur la Constitution adoptée en 1997, huit ans après la chute du communisme dans ce pays, rédigée, selon le PiS, par des post-communistes et des centristes libéraux. En vertu de la loi polonaise, il appartient au Sénat de décider s'il convient ou non de présenter des propositions présidentielles. (Belga)

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