Procès des "bébés volés": audience suspendue, l'accusé aux urgences

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Des manifestants aux mains gantées de jaune devant le tribunal de Madrid où s'est ouvert le premier procès des "bébés volés" du franquisme, le 26 juin 2018OSCAR DEL POZO

Le premier procès des "bébés volés" du franquisme a été suspendu mercredi à Madrid, l'accusé ne s'étant pas présenté au deuxième et dernier jour d'audience car il a dû être admis aux urgences, a-t-on appris auprès de son avocat et du tribunal.

Eduardo Vela, 85 ans, ex-obstétricien à la clinique San Ramon de Madrid, "est aux urgences en ce moment. Il a eu dans la nuit un épisode de douleurs et de vertiges", a dit son avocat, Rafael Casas.

Le tribunal n'était pas en mesure d'indiquer quand l'audience allait pouvoir reprendre. Il peut la reporter dans un délai de trente jours ouvrés.

"Nous devons suspendre (l'audience) et espérons avoir plus d'informations dans la matinée" pour savoir si l'audience pourra reprendre "la semaine prochaine", a indiqué pour sa part la juge Maria Luisa Aparicio.

L'ancien médecin est accusé dans ce procès par Inès Madrigal, 49 ans, de l'avoir séparée de sa mère biologique et d'avoir falsifié son acte de naissance en juin 1969.

Dans le cadre de ce trafic, entamé sous la dictature de Franco (1939-1975) souvent avec la complicité de l'Eglise catholique, les enfants étaient retirés à leurs parents après l'accouchement, déclarés morts sans preuve fournie et adoptés par des couples stériles, de préférence proches du régime "national-catholique".

Juste après la guerre civile (1936-1939), l'objectif était idéologique, le régime voulant punir les opposantes accusées de "transmettre" le marxisme à leurs enfants. Puis à partir des années 1950, ce sont les enfants nés hors mariage, ou dans les familles pauvres ou très nombreuses, qui ont été davantage visés. Le trafic a ensuite perduré sous la démocratie, au moins jusqu'en 1987, pour des motifs économiques.

Au total, selon les associations, des dizaines de milliers de bébés pourraient être concernés.

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