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Procès Lionnet: une accusée colérique selon son ex, fondateur de Boyzone

Procès Lionnet: une accusée colérique selon son ex, fondateur de Boyzone
Les restes carbonisés de la jeune fille au pair française Sophie Lionnet ont été retrouvés dans le jardin du logement de son employeuse Sabrina Kouider dans le sud de LondresBrendan Smialowski

L'ex-compagnon de Sabrina Kouider, Mark Walton, fondateur du boys band irlandais Boyzone, a décrit lundi les brusques accès de colère de la jeune femme accusée du meurtre de Sophie Lionnet, sa jeune fille au pair.

"Elle parlait avec un doux accent français et tout d'un coup elle changeait de ton, s'énervait, parlait très fort et ne se souciait pas de l'endroit où nous étions", a témoigné Mark Walton, cheveux blonds, costume sombre et chemise blanche, au procès à Londres de Sabrina Kouider, 35 ans, et de son nouveau compagnon et co-accusé, Ouissem Medouni, 40 ans.

L'Irlandais, venu des Etats-Unis où il vit, a raconté qu'à "deux reprises", Sabrina Kouider avait hurlé en pleine rue qu'il n'avait pas d'argent, mentionnant son nom et son passé au sein du boys band, à qui voulait bien l'entendre.

Elle pouvait "devenir folle", "agressive" ou se mettre rapidement "en colère", selon lui.

La relation de Sabrina Kouider et Mark Walton, était "tumultueuse", "sans doute la relation la plus tumultueuse que j'aie eue", a raconté le musicien.

La Française et l'Irlandais avaient eu un coup de foudre dans une banque du quartier de Notting Hill, à Londres, en 2011.

- Nounous renvoyées -

Mark Walton, qui avait fondé Boyzone en 1993 avant de quitter le groupe un an plus tard, gagnait bien sa vie et avait soutenu financièrement sa petite amie dès le début de leur relation.

Il prenait ainsi en charge les frais de garde de ses enfants, dont le plus jeune est aussi son fils. Il a expliqué que Sabrina Kouider avait renvoyé plusieurs nounous, les accusant de vol, de maltraitance ou de tourner autour de lui.

Il avait aussi découvert que sa compagne avait placé des caméras dans leur logement "à cause des nounous".

A l'époque de leur relation, Sabrina Kouider avait appelé la police à plusieurs occasions, une fois au motif qu'il avait des photos d'une autre femme dans son téléphone portable.

Au bout d'environ deux ans de vie commune, Sabrina avait disparu subitement alors qu'elle était enceinte de quelques mois, ne donnant plus que des nouvelles sporadiques à Mark Walton, qui continuait néanmoins de la soutenir financièrement.

Puis en février 2014, il avait cessé de lui verser de l'argent alors qu'elle avait coupé tout contact.

Il avait eu de ses nouvelles quand elle l'avait accusé d'être un "pédophile", appelant sa mère et ses partenaires en affaires et montant une fausse page Facebook pour diffuser ces accusations.

Elle avait aussi accusé Mark Walton de maltraitance, harcèlement et violences.

Pour l'accusation, Sabrina Kouider avait développé "une obsession" pour son ex-compagnon, aboutissant à des "inventions, des croyances", englobant Sophie Lionnet.

Les restes carbonisés de la jeune fille au pair de 21 ans avaient été retrouvés par les pompiers dans le jardin du logement de Sabrina Kouider dans le sud de Londres.

Interrogée par la police, elle avait affirmé que Sophie Lionnet avait fui le domicile après lui avoir révélé que Mark Walton l'avait payée "plus de 18.000 livres (près de 21.000 euros, ndlr)" pour travailler pour lui.

Sophie Lionnet lui aurait avoué que Mark Walton "lui donnait des trucs pour droguer" et abuser sexuellement les occupants du foyer.

Lundi, Mark Walton a catégoriquement démenti avoir été en contact avec la jeune fille.

Pour Sabrina Kouider, Sophie Lionnet était "paresseuse" et "malfaisante".

Une connaissance du couple a décrit en revanche une jeune fille au pair "effrayée et affamée".

Avant le drame, la jeune Française promettait depuis des mois à sa famille de rentrer en France mais repoussait sans cesse son départ, affirmant que Sabrina Kouider ne la laissait pas partir.

Aux enquêteurs, Mark Walton avait décrit son ex-compagne comme quelqu'un qui peut "se transformer d'une personne douce et gentille à quelqu'un d'effrayant en l'espace de quelques secondes".

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