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Rome espère une solution rapide pour les 177 migrants en Sicile

Italie

Rome espère qu'une solution pourra être trouvée au plus vite pour les 177 migrants bloqués depuis près d'une semaine à bord du navire des garde-côtes italiens Diciotti, alors que des voix s'élèvent pour dénoncer cette "prise d'otages".

"Le gouvernement retient en otages 177 êtres humains", a ainsi affirmé mardi l'écrivain antimafia, Roberto Saviano.

Bête noire du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, l'auteur de Gomorra, juge que le blocage de ces migrants dans le port de Catane en Sicile est un "cas grave et illégal de séquestration de personnes".

Trois parquets siciliens (Agrigente, Catane et Palerme) ont ouvert une enquête sur le Diciotti au cours des trois derniers jours, notamment pour associations de malfaiteurs visant le trafic d'êtres humains ainsi que pour séquestration de personnes, le maintien à bord des migrants pouvant être jugé illicite.

En charge de cette dernière enquête, le procureur d'Agrigente est monté mercredi à bord du Diciotti. Il a évoqué le cas des 29 mineurs présents sur le navire estimant qu'ils "avaient le droit d'être débarqués" en vertu des conventions internationales et de la loi italienne sur les mineurs non accompagnés.

"Il y à bord du Diciotti 29 enfants ? Ils peuvent descendre. Maintenant. Même si Bruxelles dort", a déclaré dans la soirée sur Facebook Matteo Salvini.

Le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, dont dépendent les garde-côtes italiens, a de son côté dit espérer une solution rapide pour ces migrants, secourus en mer dans la nuit de mercredi à jeudi par le Diciotti.

L'Italie refuse d'accueillir ces 177 migrants et a appelé les pays européens à les recevoir, conformément à sa politique visant à ramener à zéro le nombre d'arrivés de migrants sur ses côtes.

"Nous attendons que l’Europe, celles des européistes, comme Macron, Merkel ou d’autres leaders, avance leurs pions. Il y a eu des discussions mais aucun résultat concret avec les autres pays européens et donc nous ne leur faisons pas confiance", a encore dit M. Toninelli à Euronews, selon le site internet de la chaîne.

M. Salvini a de son côté menacé à plusieurs reprises de renvoyer en Libye les migrants du Diciotti si aucune solution n'était trouvée avec l'Union européenne.

"Soit l'Europe commence à défendre sérieusement ses frontières et partage l'accueil des immigrés, soit nous commencerons à les ramener dans les ports d'où ils sont partis", a écrit mardi sur son compte Twitter M. Salvini, qui est également vice-Premier ministre et le chef de la Ligue (extrême droite).

Les 177 migrants, dont des femmes et des enfants, ont passé mercredi leur septième nuit à bord du Diciotti et la deuxième dans le port de Catane. "Ils se portent très bien. Ils sont constamment soumis à des examens médicaux, nourris et donc, ils sont dans de très bonnes conditions", a assuré M. Toninelli.

La nuit de mardi à mercredi a néanmoins été difficile en raison de la pluie et du mauvais temps à Catane, selon des journalistes sur place.

Ces migrants ont un besoin urgent de recevoir de l'aide et ont droit à l'asile", a affirmé mardi la porte-parole du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR), Carlotta Sami, sur son compte Twitter, rappelant que le droit d'asile était un "droit fondamental, pas un crime".

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