Roumanie: un 1er mars sans amulettes porte-bonheur en raison de la neige

Roumanie: un 1er mars sans amulettes porte-bonheur en raison de la neige
Par des températures de -10°C, rares sont les passants qui le 28 février 2018 s'arrêtent devant les stands dans le centre de Bucarest des artisans proposant des "martisor", figurines miniatures assorDaniel MIHAILESCU

Les Roumaines s'apprêtent à passer un 1er mars sans les amulettes qui leur sont traditionnellement offertes à cette date pour marquer l'arrivée du printemps, la neige et le froid ayant littéralement gelé les ventes de ces porte-bonheur.

A Bucarest, où il neige depuis lundi et où les températures avoisinent les -10°C, rares sont les passants qui s'arrêtent devant les stands des artisans proposant des "martisor", figurines miniatures assorties de fils torsadés rouge et blanc, destinées à être épinglées aux vêtements.

"Je n'ai quasiment rien vendu, c'est un désastre", témoigne Anda, créatrice de martisor en céramique, qui a installé son étal, à l'instar d'une vingtaine d'autres artisans, sur la place Romana, au coeur de la capitale.

"J'ai payé une taxe de 1.800 lei (soit près de 400 euros) à la mairie mais je n'ai même pas pu étaler mes +martisor+ à cause du vent et de la neige. Je vais perdre beaucoup d'argent, c'est sûr", confie Florin, un autre artisan rencontré sur Calea Dorobantilor, un peu plus au nord.

Facteur aggravant selon lui: la décision de la mairie de Bucarest de fermer les écoles jusqu'à vendredi en raison des intempéries: "Cela nous a fait perdre beaucoup de clients, car tous les écoliers achetaient des +martisor+ pour en offrir à leurs camarades et aux enseignantes".

Les températures sibériennes ont également affecté les fleuristes, alors que souvent le "martisor" est accompagné d'un bouquet de fleurs.

"Le 1er mars est la fête la plus importante de l'année pour nous, le jour où l'on vend le plus de fleurs", indique à l'AFP Adrian Dinca, président de l'Association des fleuristes.

"Mais cette année, avec la neige et la fermeture des écoles, les ventes ont chuté de 70%", déplore-t-il.

Le "martisor" et ses homologues bulgare, "martenitsa", macédonien "martinka" ou grec "martis", se trouvent au coeur d'une tradition ancienne célébrant le printemps dans les Balkans, inscrite en décembre au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

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