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RSF plaide pour la désignation d'un commissaire européen à la liberté de la presse

RSF plaide pour la désignation d'un commissaire européen à la liberté de la presse

(Belga) Reporters sans Frontières (RSF) a dévoilé mercredi ses 10 propositions pour mieux défendre la liberté de la presse et le droit à l'information en vue des élections européennes du 26 mai prochain. Pour l'organisation, l'Union Européenne (UE) doit d'abord se doter d'un commissaire chargé spécifiquement de la liberté, de l'indépendance et du pluralisme de l'information.

"Nous estimons que la liberté de la presse doit bénéficier de son propre représentant, soit un commissaire habilité à user des instruments légaux européens pour protéger les droits fondamentaux, réguler le marché numérique et les plateformes en ligne - en assurant notamment une politique de concurrence stricte - et pour garantir une protection contre la manipulation d'information, ainsi que le droit d'être informé durant les campagnes électorales", liste en premier lieu RSF. Cette mesure phare s'inscrit dans un contexte de "désinformation massive en ligne", d'"attaques sans précédent contre la profession" et de "recrudescence des actions en justice contre les journalistes d'investigation", souligne l'organisation. Elle prend ainsi l'exemple de la récente demande de poursuites pour diffamation formulée auprès d'un procureur polonais par le dirigeant du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, à l'encontre du quotidien Gazeta Wyborcza. Ce dernier a publié une série d'articles sur les "conditions douteuses" qui entourent la construction d'un gratte-ciel à Varsovie et mis en cause M. Kaczynski. Afin de lutter contre le harcèlement judiciaire subi par les journalistes d'investigation, les futurs eurodéputés devront adopter une directive visant le caractère abusif des procédures dont le but est de "bâillonner" les médias, avance encore l'organisme indépendant. RSF propose également qu'en cas de violation grave des droits fondamentaux des journalistes, les ONG puissent saisir en urgence ce commissaire, qui interviendrait alors auprès des autorités nationales compétentes. Ce dernier devrait en outre s'assurer d'une concurrence saine dans le secteur médiatique pour éviter, par exemple, que de puissants conglomérats ne nuisent au pluralisme de l'information. L'organisation, qui jouit d'un statut consultatif au Conseil de l'Europe et à l'Onu, préconise également d'adopter un "mécanisme Magnitsky", en vigueur aux États-Unis, pour sanctionner personnellement les auteurs de violations graves de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes. Reporters sans Frontières plaide en outre pour la création d'un nouveau cadre législatif afin de responsabiliser les plateformes numériques. Elle juge en effet que "l'Union européenne a organisé l'irresponsabilité juridique des grandes plateformes par la directive e-commerce". Enfin, le parlement européen devrait examiner régulièrement, sur base d'un rapport indépendant, le respect de la liberté de la presse dans chaque État membre, estime RSF. Cette analyse devrait pouvoir déboucher sur des recommandations par pays, voire des sanctions. (Belga)

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