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Rugby: les Bleuets crescendo, apothéose en vue ?

Rugby: les Bleuets crescendo, apothéose en vue ?
Les Français fêtent leur victoire contre les Néo-Zélandais en demi-finales du Mondial U20, le 12 juin 2018 à PerpignanRaymond ROIG

Crescendo: de plus en plus séduisante, l'équipe de France des moins de 20 ans a l'occasion de décrocher à domicile sa première couronne mondiale de la catégorie, pour sa première finale, face à l'Angleterre dimanche (19h00) à Béziers.

Cela a failli commencer par une faute note contre l'Irlande (26-24), qui menait à la pause avant d'être renversée en dix minutes, au retour des vestiaires. Quelques mouvements de classe face à la Géorgie (24-12) n'ont pas permis de dissiper l'inquiétude, au terme d'un succès non bonifié face à l'adversaire le moins prestigieux du groupe.

Et puis, deux démonstrations ont été savamment orchestrées: la première, offensive, face à l'Afrique du Sud (46-29) pour assurer la qualification en demi-finales, et la deuxième, défensive cette fois, face aux champions du monde en titre néo-zélandais (17-6), impuissants à Perpignan.

Avant une troisième face aux Anglais? Minute, maestro: déjà titré trois fois (2013, 2014, 2016) contre aucune pour la France, le XV de la Rose est l'autre favori de la compétition.

- Béziers, mauvais souvenir -

C'est surtout le dernier adversaire en date à avoir battu les Bleuets, lors du dernier Tournoi des six nations (22-6) à... Béziers.

"Bien sûr que l'on a cette défaite dans un coin de la tête, mais ce n'est pas l'esprit de revanche qui nous anime. On s'était promis d'avoir notre revanche certes, mais on a avant tout l'envie d'écrire notre histoire", assure l'ouvreur de Toulouse, Romain Ntamack, repositionné premier centre lors des deux dernières rencontres.

"C'est une finale, on le sait, le contexte est différent, mais on le sait d'autant plus avec cette envie de revanche", ajoute le demi de mêlée et capitaine, Artur Coville.

Guidée par le demi d'ouverture Marcus Smith, meilleure attaque de la compétition avec 22 essais inscrits en seulement quatre rencontres, l'Angleterre n'effraie pas le troisième ligne de Bordeaux-Bègles, Cameron Woki: "C'est une équipe très organisée, pragmatique, que l'on connaît par coeur".

A croire que l'encadrement a dû insister sur l'absence de génie de l'adversaire: "les Anglais sont très méthodiques, ne sortent que rarement de leur cadre, font des choses simples mais avec beaucoup de conviction. A nous d'imposer notre rugby, notre jeu", a déclaré l'entraîneur des arrières, David Darricarrère.

Sous entendu, avec tout le talent entrevu lors des deux grosses performances. Et ce malgré les forfaits du trois-quarts Mathis Lebel et du pilier Hassane Kolingar, blessés, et peut-être celui encore plus compromettant de l'ouvreur toulonnais Louis Carbonel, excellent face aux Baby Blacks mais touché à une cuisse en fin de match.

- Une promesse pour 2023 -

Avec les Bleuets, la France voit aussi plus loin et se frotte les mains. Cette finale, défi majuscule d'une génération qui revendique son bien-vivre ensemble, peut servir de tremplin pour l'étape suivante à Marcoussis.

"On est plus qu'une sélection, mieux qu'une équipe, une famille. On se connaît depuis plusieurs années, on est amis, très proches", raconte Romain Ntamack. "Ce n'est pas une posture mais la réalité de ce groupe", confirme Darricarrère.

De quoi nourrir l'espoir d'un XV de France en manque de résultats depuis le début de la décennie, alors que pointe à l'horizon la Coupe du monde 2023 qu'organisera la France.

"Cette finale est une bonne nouvelle pour le rugby français", estime l'entraîneur. "Mais ce n'est pas une surprise, cela confirme le bon travail de la formation française. Cette génération a du potentiel". A confirmer dimanche face aux Anglais.

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